De Pommeuse à Villiers, l’urbanisation imposée

L’urbanisation non souhaitée de nos villages, c’est un danger qui nous guette et par lequel de nombreuses communes sont passées. C’est un risque que nous avons souvent abordé, et que la crise de ces dernières années a vu mettre un peu en sommeil. Mais ici ou là, les grands projets destructeurs de campagne et de tranquilité reviennent. J’en ai retenu deux, à nos portes ou presque, et de natures fort différentes.
L’une se situe à Pommeuse (voir le film) et l’autre à Villiers-sur-Morin.(photo ci-contre).
Pommeuse

Le projet de Pommeuse a été initié par la mairie.
Il s’agit de construire un quartier dédié aux personnes agées. Des personnes non dépendantes retraitées, louent un petit logement intégrant des lieux de convivialité. Des familles et une structure dédiée aux personnes atteintes de la maladie d’Alzeitmer viennent compléter l’ensemble, justifiant le terme de quartier multi-générationnel.
A priori c’est une bonne idée. Les opposants à ce projet, les riverains du village reprochent avant tout au maire d’urbaniser par là-même une coulée verte entre deux hameaux.
Pour la mairie, outre l’intérêt du projet, on fait valoir le sacro-saint principe de bouchage des dents creuses. Un argument que réfute Nature Environnement, et au nom duquel on peut tout justifier. Il est vrai qu’entre chaque village on peut trouver de belles dents creuses à boucher et urbaniser d’un coup toute une région !

Documents à lire :
Arreté municipal
– Résultat enquête publique
Ce deuxième document est intéressant car il met en évidence les réponses du commissaire-enquêteur, qui réfute tous les arguments. Est-il vraiment possible d’avoir raison face à ces gens-là.

Villiers-sur-Morin

Dans le cas de Villiers, c’est différent. Ici c’est le projet d’un promoteur.
Au centre du village, un terrain libre, connu sous le nom de Pré Aubry, est la proie depuis une dizaine d’années à des projets qui n’ont pas abouti.
Cette fois semble la bonne, autour dun projet de 48 maisons et 8 appartements sur un terrain de 15000 m².
Cela peut inquiéter, en termes d’augmentation de la population, en termes de stationnement, de circulation, d’équipements, …
Et de fait les opposants qui deviennent de plus en plus nombreux. La pétition aurait dépassé les 400 signatures dans le village. Une vraie opposition potentielle à l’approche des élections.
Le terrain est constructible au sens du POS applicable, et le projet compatible avec ce POS. La mairie se dit donc impuissante pour s’opposer au projet. Si ici la dent creuse est incontestable, c’est le gigantisme du projet qui est dénoncé.

Une fatalité ?

Dans ces deux projets pourtant très différents, on retrouve des éléments communs :
– des projets acceptables sur le principe mais de taille exagérée ou mal situé
– une densité urbanistique déraisonnable contestée par les riverains
– une compatibilité avec les textes en vigueur
– des adversaires (mairie ou promoteur) déterminés
– des pouvoirs publics bien peu à l’écoute des riverains
– des associations structurées qui n’acceptent pas de sacrifier leur tranquilité à l’urbanisation planifiée.

La seine-et-marne reste le département d’Ile-de-France où la qualité de vie est encore préservée, et qui de fait gagne en population.
Sommes-nous irrémédiablement condamnés à subir la détérioration de cette qualité de vie ?

(article vu 20 fois)

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15 réponses

  1. Korie dit :

    Et quelle fut la décision prise le 20 octobre ?

  2. jna dit :

    on comprend que les riverains ne soient pas contents. Pour autant, s’agit il de mauvais projets pour les communes ?
    C’est article ne relève-t-il pas du mauvais procès d’intention puisque au final, l’utilité publique a été validée.

    • jms dit :

      Les enquêtes d’utilité publique sont toujours validées. Pour paraphraser Coluche, si elles servaient à quelque chose, il y a longtemps qu’on les aurait supprimé 😀

      L’intérêt des communes et celui des habitants sont-ils toujours les mêmes ? et l’intérêt des promoteurs ?

      Les 2 cas sont très différents mais le résultat est le même, un accroissement soudain de la population et la diminution des espaces naturels et agricoles.

      Souhaitons-nous que nos villages deviennent des villes ? Selon la réponse que ‘on fait à cette question on sera pour ou contre.

  3. Florence dit :

    Une petite anecdote pour dérider un peu l’atmosphère s’agissant d’un sujet sérieux :
    A propos d’urbanisation je viens de tomber sur quelque chose de pas banal du tout. Chaque jour, dans mon journal local, une personne parle de son quartier, en bien, en mal, et exprime ses souhaits le concernant. Ce sont toujours les mêmes propos qui reviennent : voisins sympas et serviables, situation centrale proche de nombreux lieux, bonne, ou mauvaise, desserte par les transports en commun, fleurs, verdure, ou leur pénurie, manque de petits commerces, incivilités et indiscipline des habitants et automobilistes, etc. Mais j’ai vu, il y a quelques jours, un argument très original et absolument inédit : Particuliers ou professionnels qu’on se le dise, si on veut acheter, louer, ou faire construire, la proximité d’une communauté religieuse, grâce aux fréquentes prières des soeurs et moines, génère des ondes bénéfiques 😉 Pourquoi pas après tout. Ah c’est délicieux :-e) Ca change de tellement de choses qu’on lit, voit, ou entend, qui elles ne le sont pas 😐

  4. MANDEAD dit :

    en passant par crecy…; deux lotissements sur la rue des baulnes/ rn 34 ! VOUS AIMEZ LA CAMPAGNE ? ! la mairie préfere les futurs taxés ‘et électeurs ! elle a perdu ma voix !
    VIVE LA CAMBROUSSE LIBRE !!

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