Du riffifi aux portes du Pays Créçois

Vous l’avez peut-être appris par les journaux (voir La Marne de ce mercredi 12 décembre), le Pays Créçois va s’agrandir contre son gré et contre celui des communes qui vont le rejoindre.
En effet près de notre communauté de communes, il y a 4 communes isolées (Couilly, Esbly, Montry et Quincy). Nous en avons déjà parlé sur ce site, il était acté que Esbly rejoindrait les 15 communes du Pays Créçois en 2013 et Couilly en 2014. Quant à Montry et Quincy, elles avaient d’autres projets : Val d’Europe pour la Première, Meaux, pour la seconde.
C’était sans compter sur les autorités nationales et le commission ad-hoc (CDCI) créée à cet effet et sous la tutelle de Mme la Préfette. Nonobstant les désirs des 2 communes, et ceux du Pays Créçois les 2 communes de Montry et de Quincy vont d’autorité devoir rejoindre le Pays Créçois au 1er janvier prochain.
Du côté des 2 communes contraintes, on se révolte (voir les textes publiées dans la suite de l’article, extraits de leurs sites internet).
Du côté du Pays Créçois, le mécontentement se lit sur les visages des élus sur la photo de La Marne. Un pays Créçois qui va totalement se retrouver déstabilisé par le doublement de sa population et un déplacement de ses centres d’attraction vers des secteurs plus urbains. De quoi y perdre son âme.
A une époque où la décentralisation semblerait avoir conquis le pays et apporté une vraie démocratie locale il y a de quoi être déçu.
On a souvent accusé l’ancien Président de la République de vouloir tout diriger et de re-créer un état centralisateur au mépris des collectivités locales.
Il n’est plus là pour servir de bouc-émissaire. En fait l’administration centrale sait toute seule (et a toujours su) résister à la décentralisation en imposant ses diktats.

Les élus de Montry le disent bien dans leur texte, cette solution ne fait que des mécontents, et on ne peut d’en haut vouloir le bonheur des gens contre leur gré.
Cette commune a subi le PIG (Programme d’Intérêt Général) imposé pas l’état. Plus d’un milliers de logements dans la continuité de Val d’Europe vont être construits sur cette commune contre son gré. La logique aurait voulu que Montry rejoigne Val d’Europe dont elle épouse (et encore plus avec le PIG) le tissu de ville nouvelle.

http://www.mairie-montry.fr/iso_album/communique_de_presse_du_6_decembre.pdf (reproduit ci-dessous)

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU 6 DECEMBRE 2012

A-t-on vraiment besoin d’un maire et d’un conseil municipal à Montry ?
C’est la question que se posent le maire et les élus de Montry après la séance de la CDCI
(Commission Départementale de la Coopération Intercommunale) du vendredi 29 novembre.
Cette réunion était pourtant présentée comme celle de « la dernière chance » pour que notre commune puisse enfin et en toute logique géographique rejoindre le SAN du Val d’Europe.
Pourtant, c’est avec surprise que nous avons pu constater que les résultats nous concernant étaient déjà publiés dans le « Parisien » du même jour ! Avant même l’examen de notre cas en commission!
De qui se moque-t-on ?
Pourtant l’abstention de tous les membres de la CDCI lors du « passer outre» nous concernant, de madame la Préfète montre le malaise des élus devant ce passage en force de la représentante de l’Etat.
En fait, nous en sommes définitivement convaincus, notre « incorporation » au Pays Créçois était programmée depuis longtemps. Tout le reste a été un simulacre de démocratie. Une succession de réunions pour nous donner l’impression d’avoir une influence sur l’avenir de notre commune.
Mais au final, quels sont les intérêts qui priment ? Ceux de la commune ou ceux d’intérêts politiques qui ne nous sont pas dévoilés ?
C’est avec consternation que nous constatons que toutes les décisions importantes
concernant Montry ont été prises sans que notre commune puisse réellement peser: les PIG (Programmes d’Intérêt Général) successifs, la suppression du CREPS, la création d’un EPIDE, le déplacement des équipements de foot prévus sur la Coulommière transférés à Meaux…
Heureusement qu’à chaque fois la presse est là pour nous informer de ce qui se passe chez nous ! Est-ce normal ? Bien sûr que non ! ! Nous, les élus de terrain, n’existons donc que pour gérer les décisions prises ailleurs, et essayer de limiter la casse pour les Montéricultois !
C’est pourquoi nous saisissons toutes celles et tous ceux qui, dans ce département, portent la voix publique pour qu’ils affirment ce qu’ils pensent de cette situation où Montry est un prolongement du Val-d’Europe par les faits et la géographie et une commune du Pays Créçois par la volonté administrative. Mais l’administration ne doit pas servir à cacher que les décisions sont politiques, elles relèvent de choix qui ne sont pas les nôtres mais qui doivent nous être expliqués,voire justifiés.
Ministre, députés, sénateurs, préfète, sous-préfet, conseillers généraux, maires qui votent en CDCI contre les intérêts de Montry sans nous avoir jamais contactés et sans expliquer leur vote, maires des communes du Pays Créçois, maires des communes du Val-d’Europe, présidents des intercommunalités concernées : nous vous demandons de nous expliquer, d’expliquer aux Montéricultois dans les prochains jours et avant la publication de l’arrêté préfectoral, quelle est votre position concernant le rattachement de Montry au Pays Créçois et quels sont vos arguments. Que nous sachions pourquoi on nous fait ce qu’on nous fait. À défaut de suivre la position que nous pensons être la meilleure, expliquez-nous pourquoi vous pensez que vos décisions peuvent mieux faire notre bonheur que les nôtres et pourquoi il vous paraît si important de faire notre bonheur malgré nous, contre nous.

Pour Quincy, ville aux portes de Meaux, la logique voudrait qu’elle rejoigne cette agglomération dont elle est une banlieue.
Il en a été décidé autrement contre son gré là-aussi.

http://quincyvoisins.unblog.fr/2012/01/20/intercommunalite-mariage-force/ (reporduit ci-dessous)

Malgré la prise de position de Monsieur le Préfet de Seine et Marne (Parisien du jeudi 29 septembre 2011) qui déclarait : « je ne veux pas de mariages forcés entre communes »,

Malgré la prise de position du conseil municipal en date du 27 mai 2011 sur la proposition de rattachement  de la commune de Quincy-Voisins à la Communauté de Communes du Pays Créçois présentée par Monsieur le Préfet :

Le conseil municipal,

Refuse la proposition de rattachement de sa commune à la Communauté de Communes du Pays Créçois présentée par Monsieur le Préfet,
Demande son rattachement à la Communauté d’Agglomération du Pays de Meaux,
Demande l’organisation d’une consultation populaire des administrés quincéens »

Monsieur le Préfet de Seine et Marne a tranché  (arrêté 2011 n°113 portant adoption du schéma départemental de coopération intercommunale)
« Extension du périmètre de la Communauté de Communes du Pays Créçois aux communes de Couilly-Pont-aux-Dames, Esbly, Montry, Quincy-Voisins »

Cette décision est notamment liée au refus de la Communauté d’Agglomération du Pays de Meaux d’élargir son territoire à la commune de Quincy-Voisins.

Si aucun recours ne s’avère possible, nous serions donc « mariés » avec les communes de :Bouleurs (1469 habitants) Boutigny (880 habitants), Condé Sainte Libiaire (1429 habitants), Coutevroult (922 habitants), Coulommes( 411 habitants), Crécy la Chapelle( 4189 habitants), La Haute Maison (328 habitants), Saint Fiacre (382 habitants), Saint Germain sur Morin (3562 habitants), Sancy les Meaux (389 habitants), Tigeaux (373 habitants), Vaucourtois (211 habitants), Villemareuil (394 habitants), Villiers sur Morin (1819 habitants), Voulangis (1593 habitants), Esbly (5663 habitants), Montry (3245 habitants), Couilly-Pont-aux-Dames( 2107 habitants), Quincy-Voisins(5146 habitants) soit une population de 33 850 habitants (les quatre nouvelles communes apportant presque la moitié de cette population).

L’effort de la municipalité de Quincy-Voisins au sein de la Communauté de Communes du Pays Créçois portera sur la répartition des sièges des délégués communautaires et donc des représentants de la commune de Quincy-Voisins au sein de cette communauté de communes, ainsi que sur des sujets qui nous tiennent à cœur : le développement de la fibre optique pour tous, dans le cadre du développement économique et de l’emploi, une piscine intercommunale couverte.

L’intégration de ces deux communes au Pays Créçois va complètement en dénaturer le concept et les valeurs.
Le Pays Créçois est un territoire semi-rural aux paysages et traditions encore préservées. De petits villages et de petites villes où cohabitent une population séculaire et de nouveaux venus, avec une certaine harmonie. Rien à voir avec les communes du val d’Europe où l’on ne retrouvre pas cette humanité. Pour ceux qui en ont fait l’expérience, et pour ne citer qu’un exemple, il suffit de comparer la vie au sein des associations en Pays créçois et de l’autre côté de l’autoroute. Un pays Créçois qui a une histoire, une âme, des traditions, et qui fait des efforts pour se créer une identité propre.
L’arrivée de communes beaucoup plus urbanisées et qui sont en voie de l’être beaucoup plus (au PIG de Montry il faut rajouter les logements sociaux en construction par centaines à Quincy) va révolutionner cet équilibre.
L’on comprend que nos élus fassent la tête sur la photo de La Marne. Ils vont devoir gérer une situation difficile, intégrer des communes qui ne le veulent pas, et mettre en place de nouvelles structures adaptées à ce doublement de population. Ce sont les centres d’attraction qui vont se déplacer. Crécy qui est le centre économique, culturel, politique du pays Créçois risque de tout perdre. Quant aux élus eux-mêmes, avec la venue des représentants de ces communes, eut égard à leur population, on peut imaginer des changements politiques, sinon dès 2013, tout au moins à l’occasion des élections municipales de 2014.
Le Pays Créçois, en réfléchissant à son avenir et afin d’assurer son développement futur, a établi un diagnostic de territoire. Un gros travail d’inventaire des forces et faiblesses du territoire, en le replaçant dans le bassin de vie environnant. Il s’en est suivi un plan d’action, le "projet de territoire" qui a permis de lancer des projets précis de développement dans tous les domaines. Nous reviendrons plus en détail sur ce qui était prévu, sachant que des remises en causes devront nécessairement intervenir pour intégrer la nouvelle donne.

(article vu 80 fois)

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18 réponses

  1. Korie dit :

    Intéressant ton article jms.
    Que signifie : « Crécy qui est le centre économique, culturel, politique du pays Créçois risque de tout perdre »
    Puis :
    « Quant aux élus eux-mêmes, avec la venue des représentants de ces communes, eut égard à leur population, on peut imaginer des changements politiques, sinon dès 2013, tout au moins à l’occasion des élections municipales de 2014. »
    Sachant que les préfets sont nommés par les gouvernements, il est sans doute de bon ton de défaire voire faire tout le contraire de ce que le précédent a fait ! On voit bien depuis les 6 mois de léthargie du gouvernement combien il a à coeur de démonter tout ce qui a été fait par le précédent.
    Cette « fusion » va-t’elle entraîner la construction d’un lycée à St Germain (par exemple) ? :#

    • jms dit :

      Le poids économique et démographique des nouvelles communes risque de déplacer le centre de gravité et l’influence de Crécy au sein du pays créçois.

      Je ne commenterais pas tes propos concernant la politique politicienne nationale, mais il est vrai que de la nomination de la nouvelle préfete suite à l’alternance, on pouvait supposer une décision différente. Or elle est restée sur les recommandations de son prédécesseur. Comme quoi, quel que soit le parti au pouvoirs, les tendances jacobines centralisatrices ont toujours le dessus.

      Il n’y aucun rapport avec un éventuel lycée à Saint-Germain ou ailleurs. A Saint-Germain il était question d’un collège plutôt. Ces sujets-là ne sont pas du ressort des communautés de communes. Les collèges dépendent des départements et les lycées des régions.

  2. retraitactif dit :

    comment mélanger les torchons et les serviettes…l’actuelle CCPC est un ensemble d’habitats plutot diffus voire à caractère rural et on va y coller des communes déja »urbaines » et qui le seront encore plus rapidement.
    quelle idée que ce projet……..
    il est sûr que notre CCPC plutot « pépère « va en prendre un coup .
    on est(était) pourtant bien comme ça non? 🙁

    • IndianaJones dit :

      C’est sûr ! Rien ne vaut l’immobilisme… non, je plaisante ! 😀

      C’est une bonne chose pour la CCPC d’accueillir ces communes. Son évolution en terme d’habitants va sensiblement augmenter son budget pour la création d’infrastructures et d’équipements répondants aux besoins de la population. Mais aussi toucher plus de monde pour la promotion et la découverte du pays créçois.

      Bon d’accord ! Cela ne résoud pas le problème de Quincy et de Montry qui veulent intégrer leur population à de plus gros budgets comme celui du Pays de Meaux ou du SAN du Val d’Europe. Mais le Pays de Meaux ne veut pas avoir la population de Quincy en plus, et le SAN ne s’est pas prononcé sur l’adhésion de Montry (version courtoise pour dire, « on ne veut pas de vous »).
      Et comme c’est une obligation pour les communes de se rattacher à une Communauté, le Préfet a tranché.

      Maintenant, comment vont s’intégrer ces communes réticentes au sein du Pays Créçois, sachant que Crécy ne sera plus la ville à la plus forte population du canton ?

      En tout cas, on peut s’attendre encore à voir des « combats de coqs » dans les prochaines semaines.

      • Korie dit :

        Finalement, que vaut-il mieux ? Etre un petit chez les grands ou un grand chez les petits ? La seconde option pour le coup me semble être la meilleure. Non ?
        Certains vont trouver le changement difficile à avaler mais ne sommes-nous pas en démocratie ? Quoique, quoique… Oui à condition d’être du même avis 😉 il faudra pour Crécy apprendre à partager le « pouvoir ». Une nouvelle ère ? La Société est en mouvement. La diversité sera peut-être salutaire. Diversité des êtres, de leurs opinions, de leurs expériences et de leurs personnalités. Restons optimistes…

      • jna dit :

        Tout cela repose la question du rôle des CC.
        Ma vision serait plutôt celle de la fusion de communes par 2, 3 ou 4 selon les dénominateurs communs, avec au-dessus un dispositif de type SCOT qui permettrait de piloter le développement de ces nouvelles communes d’une façon cohérente par rapport à des objectifs disons « régionaux ».
        Les CC me paraissent trop grosses pour pouvoir s’impliquer dans la gestion opérationnelle des communes excepté sur quelques aspects transverses, notamment pour ce qui relève les communications et des échanges entre communes, mais au-delà ?? , la CC, oui pour définir un cadre

        • jms dit :

          La tendance est plutôt aux grosses voire très grosses CC qui parfois deviennent même des communautés d’agglomération (plus de 50 000 hab). C’est ce qui est arrivé dans mon village du sud-ouest, territoire rural s’il en est et qui est maintenant en Communautés d’agglomération. Là, c’est la volonté des élus de voir toujours plus grand qui les a conduit à avaler plus de communes et à devenir une super-structure avec de gros moyens. Concrètement, cela marche assez bien, par les économies d’échelle réalisées et les grands projets qu’ils arrivent à mener dans de nombreux domaines : tourisme, transports, politique du logement, … Est-ce l’avenir ? Certains le prédisent chez nous en imaginant de super communautés d’agglomérations regroupant Meaux, Coulommiers et tout ce qui est entre les deux. Qui sait ce que l’avenir nous réserve ?

  3. jna dit :

    je reviens sur la notion de territoire que tu assimiles à CC on en a déjà parlé et je pense que l’on ne parle pas de la même chose. SCOT (Schéma de cohérence territoriale de la vallée du Grand Morin) comprend 19 communes dont Esbly, Montry et Quincy.
    C’est donc de ce périmètre dont on parle quand on évoque le territoire de la Vallée du Grand Morin vu par l’Etat. Du coup, hasard, cela semble coller pile poil avec le territoire de la future communauté de communes (au moins du côté ouest). Conclusion, tout cela est cohérent. l’Etat définit les territoires et recadre les communes pour que les CC soient en cohérence avec les territoires. :b

    • jms dit :

      Le SCOT c’est un document, pas un territoire.
      Il sert à définir des règles macro avant le PLU pour une période d’une dizaine d’années.
      Une CC c’est un regroupement de communes pour assumer un ensemble de compétences qui vont bien au-delà, une administration qui gère au quotidien un territoire pour un ensemble de compétences. On n’est pas dans le même registre.
      L’état il voit les choses d’en haut, regarde sur une carte, trace des traits sans aller voir les réalités de terrain. Une attitude héritée du Plan d’autrefois, sans se soucier de la décentralisation et de ce qu’elle devrait apporter aux gens, un pouvoir de décision proche du citoyen, et non téléguidée d’en haut.

      • IndianaJones dit :

        Malgré tout, le préfet n’a fait que trancher selon les recommandations du SDRIF (Schéma Directeur Régionale d’Ile de France) et le besoin d’optimiser le bassin de vie économique dans la vallée du Grand Morin proposé par le SCOT.
        Certes, pour nous de l’autre côté de l’autoroute, c’est très urbanisé. Mais n’oublions pas le potentiel humain et les retombées économiques, et puis on pourra leur faire découvrir notre côté sauvage, irréductible et rebelle 😎
        C’est sûrement à cause du peu de potentiel économique proposé par le Pays Créçois, que Montry et Quincy auraient préféré adhérer à d’autres communautés. A la CCPC de leur prouver le contraire !

      • jna dit :

        le SCOT est un document qui s’applique sur un territoire de 19 communes : point barre. Le SCOT décrit un territoire, celui du SCOT.
        Disons que le SCOT vise l’aménagement du territoire et le terme de cohérence a tout son sens. Il définit des orientations pour chaque territoire en cohérence avec les objectifs dévolus aux territoires voisins. Il cadre les PLU, c’est une de ses vertus.
        les CC ont en effet une autre vocation, mais à mon avis, que la composition de la CC (+ ou – imposée par la Préfecture, donc l’Etat) soit très proche des limite du SCOT dont les objectifs sont définis par l’Etat n’est sans doute pas un hasard.

  4. jms dit :

    Ailleurs non plus cela ne se passe pas comme le veulent les élus et les populations, certains vont même jusqu’à démissionner et se révolter contre les diktats de l’état : http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/demission-collective-de-179-elus-129319

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