Du rififi à Crécy en Brie – épisodes 11 et 12

Episode 11

par Golby

Ah la vache, qu’est ce que je tenais ce soir là ; moi qu’est pas foutu d’aligner plus de quatre mots pour un rapport de police. Heureusement, qu’on a toujours le droit de picoler ; déjà qu’on a plus le droit de manger de charcuterie depuis que Nicolas a voulu faire plaisir aux adeptes du prophète. Tous les cochons sont expédiés en Chine maintenant qu’on ne peut plus en manger dans ce pays.
Bon, on va le trouver où ce coup là, l’occi et dans quel état ?
Hein, un autre encore. Pinkshadow.
Il a piraté les 2 adresses… A Saint-Augustin, maintenant.

Hola, faut qu’y z’arrête. J’ai plus assez de neurones pour tout faire là. Fa falloir que mon officier me file de l’aide ou je vais devenir chèvre.
Je contacte le central de la gendarmerie qui me dit ne pas avoir l’info. Je branche les 2 brigades sur les coordonnées Galiléo envoyées par Vivaldi et Pinkshadow . Grâce aux photos satellite en temps réel, ils ont identifié le lieu précis du dépôt des deux nouveaux refroidis mais cette fois ya du nouveau. Le gars avait utilisé un vieux véhicule qui fuyait de l’huile (certainement une voiture française des années 2000). La trace de pollution  était bien visible mais se termine dans le Morin à Pommeuse.

Metop-D avait été monopolisé quelques minutes pour faire un suivi. Heureusement que ce satellite est déroutable ; en général, il sert à la météo mais de nombreuses fonctions sont utilisables par l’armée, la gendarmerie et la police. Un équipement complet au service de la sécurité civile, tel était son statut.
Lorsque les services diligentés arrivent à Coulommiers et à Saint-Augustin, le tableau est un peu surréaliste. Les victimes ont été identifiées, les armes retrouvées : des antiques carabines à balles et un épieu pour la chasse au sanglier. Des chiens en meute en train de s’acharner sur le cadavre à Coulommiers, le cadavre éventré pendu par les pieds à Saint-Augustin.

On se croirait à une battue aux sangliers. Ca me rappelle qu’il y a 40 ans, c’était la campagne profonde ici. Y z’ont pas perdu la main, les cul terreux pour saigner le goret…

Nouvelle alerte. Directement à mon adresse :
« Vous avez 15 minutes pour évacuer le péage de Coutevroult, les deux 100 M3 d’hydrogène liquide  en panne à la barrière de péage vont sauter ». Fin de message

Mais y va me faire crever ce fêlé. Il ne peut pas être tout seul !
Y doit bien y avoir la moitié de la Brie ancienne dans le coup.
Va falloir que je fasse gaffe à mes fesses.

Episode 12

Quand ça va pêter, ça va faire mal. Mes rapides calculs m’indiquent de faire évacuer un cercle d’un rayon de 2 km.
Impossible en si peu de temps car la ville vient au pied du péage côté Val d’Europe et cela représente 15 000 habitants à déménager. A moins de percer les cuves et d’allumer rapidement une flamme pour faire un chalumeau.

Et en plus, l’usine de méthane biologique situé dans la ZI de Coutevroult risque de sauter avec et là, on va vraiment être dans la merde jusqu’au cou. 
Cette ZI est une des dernières de France à avoir été construite. Les industries sont toutes en Afrique maintenant ; la Chine avait eu son heure de gloire mais la main d’œuvre était devenu de plus en plus chère et les multinationales délocalisent à tout va vers le dernier endroit du monde où ya de la main d’œuvre à pas cher. 
De toute façon, on n’a pas le choix
Vite, Joseph, fait bloquer l’autoroute A4, l’A 36 et le barreau au niveau du château de l’Elysée et demande aux pompiers de Crécy de venir nous percer les cuves avec un laser depuis le château d’eau de Coutevroult. Avec un peu de bol, tout le monde s’en sortira »

Faut dire que depuis cinquante ans qu’on se fait chier avec ce putain de péage, ça me surprend pas qu’yen ai enfin un qu’ai envie de le faire fondre. Parce que depuis que le coco Gayssot avait prolongé la concession à la SANEF dans les années 2000, fallait toujours raquer pour prendre cette autoroute. Et en plus, dans les années 2012-13, pour essayer de reconstruire la capitale après les premières grosses inondations, y zan’avait collé partout autour de Paris. De vrais pompes à rurbain ces trucs.
Faut dire que maintenant de toute façon, faut payer pour tout. Même pour respirer.
Nicolas avait fait mettre une taxe sur l’air (130 M3 par jour). Et si vous êtes sportif, c’est le double. Après tout yavait plus que là dessus qu’avant on payait rien. Ca ne pouvait pas durer. Parce qu’au début, il avait bien réduit les impôts, ce nabot mais seulement pour ceux qui en payait. Tous ceux qui n’avaient que des impôts indirects, eux ont eu mal.

Mais le groupe Vinci, pour lui ça va bien. Avec Suez, Veolia , GDF, EDF et toutes les entreprises publiques  qui ont été privatisées il y a quinze ou vingt ans, ce groupe assurait 99 % des besoins primaires de la population de ce qu’il reste du pays. Aux tarifs qui veulent, ya pas de problèmes, y sont tout seuls. Avant, ils se battaient, maintenant, ils s’entendent et nous on raque. Ya que La Poste et la SNCF qu’y zont pas réussi à vendre. Faut dire que c’était un tel cirque  là dedans que même les Russes n’ont pas voulu les  acheter, c’est vous dire.
Faut dire que les CCCP, (Capitalist Conglomérat Company’s Popular que ça veut dire) était devenu le pays le plus exigeant en terme d’investissement. Si une entreprise a trop d’improductifs, elle exige le ménage avant le rachat. Une fois de plus, les syndicats avaient mis le brin. Rien ne s’était fait. Evidemment, ils se sont fait bouffé leurs part de marché par les boîtes de coursiers. Depuis 50 ans, le bureau de poste de Crécy n’a pas été rénové et c’est pas demain que ça va être fait. Quand à la ligne de train Esbly-Crécy, les inondations en avaient eu raison en 2010 ; ça avait été l’occasion pour le RFF de supprimer la ligne. De toute façon, y avait plus que 8 malheureux constipés qui l’empruntaient encore.

La charge de plastic sous les semi remorques ne nous a pas laissé le temps de vider entièrement les cuves. L’explosion a rasé la moitié du péage et la jardinerie d’à côté a perdu ses vitres. Mais surtout les cuves de l’usine de biogaz ont implosée et maintenant ça pue à 15 kilomètres à la ronde.
Cette usine avait été installée là dans les années 2008-2009 pour remplacer la vieille usine de retraitement des déchets biologiques urbains d’Ozoir la Ferrière dont plus personne ne voulait là bas. Ils l’ont refourgué au Pays Créçois parce que le préfet de 3 M (département Marne et 2 Morins, créé en 2012) a fini par dire son ras le bol des tergiversations du maire du bled. Et comme dans ce coin, personne n’a bougé, on a eu droit à ça. Vous me direz, c’était tout bénef pour les habitants du plateau au départ, ils avaient droit au gaz naturel à moitié prix. Ce n’était pas gênant et surtout ça ne sentait rien… Enfin, jusqu’à aujourd’hui.

On se croirait en Bretagne à l’automne maintenant (ben oui, ça pue le lisier). Bon, ça devrait durer 2 ou 3 jours pas plus. Ya plus qu’a envoyer les camions pompes pour ratisser la merde.

Tout ça ne m’a pas beaucoup avancé dans mon enquête mais je pense qu’en étudiant les ruines du péage, je devrais en apprendre beaucoup.

Et  c’est un peu embêtant tout ces évènements à répétition mais je vais me faire des c……  en or quand j’aurai démêlé tout ça. A 20000 € le macchabée résolu si ça continue, je vais pouvoir me payer un duplex aux derniers étages de la Tour du Lac du Val de Grand Morin.

Les ruines du péage et les traces d’ADN trouvées un peu partout sur les différents cadavres ont finis par parler. On a trouvé 5 signatures différentes.

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2 réponses

  1. AS77 dit :

    moi qui croyait que la spécialité de crécy était la carotte ??alors c’est le riz (fifi) :#

  2. retraitactif dit :

    Bien cet épisode et tellement réaliste. :-d) :-e) :=! 😉

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