Le pays créçois s’offre un nouveau site Internet – suite

Voici quelques semaines la communauté de communes du pays créçois (CCPC) a lancé un appel d’offres pour le renouvellement de son site internet. L’ancien était pour le moins peu pratique. J’avais à cette occasion critiqué le cahier des charges qui me paraissait trop succint, trop imprécis, très incomplet. Pour consulter le cahier des charges : Appel d’offre Site internet CCPC.pdf
L’appel d’offre est sensé être clos. Je me permets d’indiquer plus en détails quelques défauts du cahier des charges.
Voici quelques exemples :

– On ne sait pas quels sont les livrables. Qu’est-ce qui est acheté par le pays créçois ?
Il est question de capacité à définir soi-même le contenu et de charte graphique. Certes c’est bien mais insuffisant.Le site ne peut pas être une coquille vide où tout le travail resterait à faire, ce qui serait pire que le site existant. Il est néanmoins précisé que le prestataire « adaptera à une présentation web les contenus fournis par la CCPC ». Cependant on n’indique ni la nature ni le volume de ce contenu, ce qui rend impossible tout devis. Il aurait été indispensable d’indiquer un minimum de rubriques, en nombre, à paramétrer dans la version livrée. Les compléments seraient alors réalisés par la CCPC utilisant ainsi les possibilités de mise en ligne aisée telle que demandée.

– Autre grave oubli, et qui va dans le même sens que la première remarque, il manque toute information de dimensionnement. Même si c’est une information de notoriété publique, il aurait été souhaitable d’indiquer le nombre de commmunes du pays créçois, de compétences prises en compte.
Par exemple, il faudrait indiquer que le logiciel doit être prévu pour 15 communes extensible à 25 (il faut voir large).C’est la même chose que pour un ouvrage en béton finalement, il faut dimensionner, c’est le b-a-ba.
Sur un point de vue plus informatique, il aurait fallu aussi indiquer quel est le trafic attendu pour le site ainsi que la qualité de service exigée.L’hébergement faisant partie de la prestation, cette donnée est essentielle. Comme rien n’est indiqué un hébergement aux conditons minimales peut répondre au cahier des charges.
On l’a dit lors de l’article du mois dernier, la capacité de stockage de 50 Moctets est plutot ridicule. Il faudrait exiger au moins 100 fois plus.

– Demander que les personnels du pays créçois soient autonomes pour mettre en ligne est une bonne chose. Mais c’est insuffisant. La réponse risque de se limiter à une déclaration d’intention.Il faut exiger les moyens nécessaires, donc une durée de formation minimale pour un nombre donné de personnes.

– Le cahier des charges exige la nécessité de se conformer au niveau 1 de la norme W3C. Cette clause fait sérieux et présente ainsi l’avantage de laisser penser que le sujet est bien maitrisé. Cependant ce n’est nullement une garantie de qualité.

– On nous parle de logiciel de mise en ligne qui doit être installé sur différents postes. Il eut été préférable d’exiger que la mise en ligne s’opère en mode « full-web » sans avoir de composant à installer sur les postes dédiés à l’administration du site. Ce n’est pas un luxe de nos jours qu’administrer un site internet au travers d’internet !

– Petite remarque de détail (paragraphe 4.g), on cite toute une série de fonctionalités demandées : téléchargement, newsletter, … et on termine par « menus déroulants ». Ce dernier point n’est pas du tout de même nature que le reste, c’est plus un élément d’ergonomie. Cela donne l’impression de ne pas vraiment maitriser ce que l’on souhaite.

Avant de lancer un appel d’offres, il est conseillé d’effectuer une étude de marché pour voir ce qui existe et se faire son opinion sur ce qu’on veut mettre en oeuvre.
Le leitmotiv semble être de ne pas reproduire les erreurs de la version de 2003. C’est insuffisant comme ambition.Une analyse du marché aurait pu aiguiller la solution, et ainsi exiger des standards couramment utilisés, par exemple indiquer des préférences pour du logiciel libre.Il aurait aussi été opportun, pour éviter une grave erreur de la précédente version, d’écarter les solutions développées sur mesure, onéreuses, longues à mettre au point et moins fiables.

Espérons que le Pays Créçois aura le choix entre de nombreux soumissionnaires sérieux et pas seulement de profiteurs qui auront su tirer partie des nombreuses insuffisances du cahier des charges !
Il y va de la qualité du futur site, qui sera quelque part le site de tous les habitants du pays créçois mais aussi des finances de la communauté de communes, de nos sous en somme.
Autrement dit une bonne solution pour un prix raisonnable.

(article vu 5 fois)

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31 réponses

  1. AS77 dit :

    la Pays Créçois aurai du faire appel à toi JMS comme conseiller technique, vu la qualité du site des Brionautes :b

  2. amorel dit :

    Tout cela est bien technique et dépasse mes maigres connaissances en informatique, dont je ne suis qu’un simple utilisateur. N’est ce pas aussi le cas des rédacteurs du cahiers des charges ? C’est ce qui semble transparaître à la lumière de l’article de jms.
    Il serait intéressant qu’ils s’expriment à ce sujet sur notre site, pour défendre leur point de vue et répondre aux remarques qu’ils leur sont faites.
    Nous aurions un débat informatique de haute volée.

    Un capacité de 50 Moctets de qui se moque-t-on ? ( en réalité je ne sais pas à quoi correspond cette unité, je préfère toujours demander quand je ne sais pas , plutôt que de faire croire que je sais. Mais le pire c’est lorsque je crois savoir et que j’apprends que ce que je croyais, n’était pas du tout ce qui était. Je remarque que souvent ceux qui veulent dominer les autres font toujours croire qu’ils savent tout , même quand ils ne savent pas. Ce qui est assez drôle c’est de les questionner sur le sujet sur lequel ils simulent de savoir, pour leur montrer petit à petit , que vous êtes en train de démasquer leur ignorance et de révéler leur imposture au grand jour. A ce moment là les réactions sont variées, aveu, éclat de rire, colère, changement de sujets etc..Ai-je été clair ? ).

    • lomig dit :

      Moctets ? de qui se moque-t-on ?
      je dirais MO comme méga-octets !
      Ce que je sais c’est qu’on ne sait jamais et çà je le sais 🙂

      • jms dit :

        Tu peux dire MO si tu veux, mais personne ne te comprendra ou l’on pensera peut-être à Main d’Oeuvre. Moctets est le sigle le plus couramment utilisé pour désigner des Méga Octets, c’est-à-dire des Millions d’octets.

    • jms dit :

      Je pense que tous ceux qui sont familiarisés avec des cahiers des charges, soit en tant que maitrise d’ouvrage soit en tant qu’entreprise peuvent faire une analyse critique, sans être pour autant spécialiste du domaine. Les notions de dimensionnement, de livrables à fournir, de critères d’acceptation, de formation, peuvent se retrouver dans différents métiers.

      Pour ce qui est des Moctets, je pense que les gens qui font de la photo numérique (tout le monde maintenant) savent ce que c’est qu’un Moctet. Quand un appareil fait couramment maintenant des photos de 5 Moctets (même jusqu’à 10), cela veut dire qu’avec 50 Moctets, le site est plein avec 10 photos. C’est caricatural mais à peine.

      Ceux qui font semblant de savoir mais qui ne connaissent rien sont légion en effet. C’est l’application du proverbe bien connu « la culture, moins on en a, plus on l’étale »

    • jms dit :

      Rappelez-vous de cet article de l’an dernier et surtout du commentaire de lomig, le fameux « chuuuuuuut » qui nous avait scandalisé, pg en tête.
      Le cahier des charges paye ce « chuuuuuuuut », cette manière de travailler dans l’opacité.
      C’est à ce moment-là qu’il fallait aborder le sujet sans faire de « chuuuuuuuuut »
      /archive_brio/article.php?thold=-1&sid=2066

    • jms dit :

      Une intervention d’éminents membres de la CCPC sur le site serait la bienvenue, d’autant plus que c’est une chose rare.

      Un débat technique, pourquoi pas. Cependant je ne m’inscris pas dans une démarche polémique. Le but est d’aider à ce que cet appel d’offre aboutisse à un produit fini de qualité dans les meilleures conditions. Et dans ce cadre, les idées de tout le monde sont à considérer, y compris les miennes que j’apporte en toute modestie mais aussi les vôtres lecteurs du site. En supposant que nous soyons lus et entendus.

      Si polémique il y a, c’est d’une manière générale sur la méthode, le fameux « chuuuuuuuuuuuut » évoqué dans d’autres commentaires.

      • lomig dit :

        Un bon débat vaut mieux qu’un polémique ……… pourquoi ne pas contacter M Herrmann, vice-président de la Commission communautaire en charge du dossier ?

        • retraitactif dit :

          Un bon débat vaut mieux qu’un mauvais décollant 😛 😎

          • amorel dit :

            J’ai eu du mal à comprendre soit tu files un mauvais coton, soit ma capacité de compréhension a des hauts et des bas.
            Un bon jeu de mots ne doit être ni long , ni lourd : une bonne matière à débat.

        • jms dit :

          M Hermann ne possède qu’un seul R à son nom.

          Nous sommes dans un monde de responsabilité et de liberté.

          Les élus en charge d’une responsabilité sont souverains dans l’exercise de leur fonction. S’ils souhaitent prendre conseil à l’extérieur, et ils le font surêment, c’est à leur initiative.

          Nous, modestes brionautes, nous nous permettons souvent de donner notre avis, et sans chercher à nous immisser dans des processus officiels. C’est notre droit, parfois nous sentons que c’est notre devoir. Nous sommes probablement lus par beaucoup de monde, si d’aucuns veulent tenir compte d’une partie de nos réflexions, tant mieux; sinon, nous aurons quand même le sentiment d’avoir contribué à faire avancer les choses.

  3. amorel dit :

    Qui sont les rédacteurs de ce cahier des charges ?

    • pg dit :

      Disons que le cahier des charges a été rédigé par les services de la CCPC puis travaillé par la commission Communication.
      Cette commission devrait avoir son mot à dire sur le résultat de la consultation.
      Je fais en sorte que la critique positive et éclairée du Président soit utilisée lors de cette discussion.

      • pg dit :

        La commission Communication de la CCPC s’est réunie avec à l’ordre du jour l’ appel d’ offre du nouveau site internet.
        Il y a eu 16 réponses allant de 0 € ( site financé par la pub) à plus de 50000 €.
        L’offre comprend le site de la CCPC + le site de l’office du tourisme.
        Selon le cahier des charges le site comprendra les éléments suivants:
        – charte graphique : proposition de plusieurs choix de pages ; graphisme et mise en pages, couleur
        – contenus
        – plan interactif en flash
        – agenda
        – site accessible aux malvoyants
        – intranet
        – moteur de recherche
        – annuaire ( assos, etc)
        – possibilité de web-tv
        – newletter avec fonction sms
        – plate forme GRC ( gestion relation citoyen intégré)
        ex : demande par un habitant d’ une commune, transmission à la CCPC, possibilité de l’ habitant de suivre sa demande
        – hébergement sur serveur mutualisé
        La mise à jour est faite par CCPC.
        Une première entreprise est venue présenter son projet ce vendredi.
        Vendredi prochain, une autre société sera reçue.
        NOTA : ce compte-rendu fait volontairement état d’informations neutres tant que le travail de la commission n’est pas terminé.

        • jms dit :

          Merci pour ces informations.
          16 réponses, c’est énorme, on voit que les gens ont faim.
          A raison d’une entrerprise par vendredi il faudra du temps. Mais je suppose qu’il y aura une « short list ».
          Difficile de se faire une opinion mais je suppose que c’est difficile également de nous en dire plus.

          Quelques réflexions néanmoins :
          – il faudra bien faire la différence entre fonctions essentielles et gadgets
          – est-ce un site internet ou une boite à outil qui est demandée ? on peut se poser la question à la lecture des fonctionnalités.
          – a-t-on bien mesuré la charge de travail à la charge de la CCPC ?
          – il existe de très nombreuses bonnes solutions de nos jours, il suffit d’aller voir du côté des sites de communes ou de communauté de communes développées récemment. Le gagant aura sûrement de très bonnes références.
          – c’est quand même nos sous, mesdames et messieurs les conseillers communautaires, il faudrait pas tout dépenser pour un site internet, il y a d’autres projets qui attendent le pays créçois.

          On est d’autant plus choqués qu’il faille payer pour ça, nous qui bossons pour rien sur ce site, n’est-ce pas jna et tous les rédacteurs ?

          • lomig dit :

            Le site n’est qu’un outil, aussi séduisant soit il ….
            C’est dans le contenu, au services des « paysans créçois » que nous développerons le site.

          • jna dit :

            Nous autres contribuables devons savoir qu’une option « gratuite » a été écartée.
            La gratuité reposait sur la gestion d’un espace publicitaire par le prestataire.
            Bon cette propal n’a pas été jugée sérieuse par le jury. Pas étonnant au bout du compte avec tout ce que l’on a pu voir autour de cette affaire.
            Nous avons hâte de savoir combien ça va nous coûter.

            • jms dit :

              Comment sais-tu qu’elle a été écartée ? qui sait, après tout !
              Le gratuit, c’est pourtant la philosophie première d’internet, celle à laquelle nous sommes restés fidèles, nous et tant d’autres. Bien sûr, pour certains, le gratuit cela ne fait pas sérieux. Je suis bien d’accord que si la contrepartie, c’est supporter de la pub, c’est pas très tentant !
              A la base, quasimment toutes les solutions s’appuient sur du logiciel libre, donc gratuit. Ce qui peut rester payant c’est la mise en oeuvre. Celle-ci peut être gratuite, si elle est faite par des bénévoles avertis. La troisième charge c’est la vie du site au quotidien, et là ce sera du ressort des employés de la CCPC, et on l’espère aussi des élus. Il faut supposer qu’ils ont bien appréhendé cette charge de travail qui va leur incomber et la nécessaire montée en compétence qui l’accompagne.

  4. jms dit :

    L’entreprise finalement choisie est spécialisée sur les sites à destination des communautés de communes, métier dans laquelle elle possède de sérieuses références. Elle est basée à Montpellier.
    Le budget de 10 000 euros que s’était fixée la CCPC est tenu. Le site ouvrira en Septembre.
    Voila en résumé les informations que m’a donné M Hermann il y a quelques jours.

  5. papounet dit :

    Il ya 1 ou 2 ans on a vu nombre de chaussées défoncées puis rebouchées en vue de liaison internet ultra rapides.
    cela a t-il apporté quelque chose que nous ignorons ou dont nous nous servons sans le savoir?
    en fait(tiens une expression en train de passer de mode,supplantée qu’elle est par « voilà » 😉 à quoi cela doit-il ou sert -il? :# JMS :#

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