Le pont Dam’Gilles des cpa

Depuis plusieurs générations de ponts, le Pont Dam’Gilles relie le bourg de Crécy à la rive gauche du Grand Morin.
Il prolonge la rue qui lui a donné son nom, enjambe la rivière et nous dépose en terre voulangeoise.
C’est le plus grand pont du bourg, le seul à traverser le Grand Morin. Les autres, plus modestes, se contentent des brassets. Sur le Pont de Crécy, la belle Dam’ Gilles fait comme ça, puis encore comme ça ! Sur le pont Dam’Gilles un bal y est donné … 

Il y a  bien longtemps que les créçois n’ont pas dansé sur le Pont Dam’Gilles et je me demande si ce ne serait pas une idée originale que de le faire de temps en temps, un soir de 14 juillet , par exemple !

Ouvrons provisoirement un nouveau couloir du temps, pour une balade récréative dans le Crécy des cartes postales anciennes.


CARTE 1
Le pont sous un angle assez rare, La photo est prise du Bourg en direction de Voulangis.
A bien observer cette cpa, il y a de la place pour une piste de bal.
Orthographe : Pont Dames Gilles (dames, au pluriel)
Le pont Dam’Gilles a inspiré les chasseurs d’images du début du XXème siècle, en particulier les photographes à la recherche d’un thème de carte postale, d’un monument emblématique, d’une vue caractéristique de la Venise briarde.
Le pont métallique que nous découvrons sur les cartes postales, éditées à partir de 1900, était un pont tout récent, construit en 1898, pour remplacer un pont de bois datant de 1838. Jean Marie André dans son livre "100 ans de Crécy"  indique que la foire de la Saint Michel aurait été créée quelques siècles auparavant pour financer la construction du premier pont.

PHOTOGRAPHIE 1
Cette photographie n’est pas tirée d’une carte postale ancienne. Cette une photographie authentique, du pont d’avant le pont d’aujourd’hui. Le pont de bois, édifié en 1838 et démonté en 1898..


PHOTOGRAPHIE 1 – détail
Cette photographie n’est pas tirée d’une carte postale ancienne. Cette une photographie authentique, du pont d’avant le pont d’aujourd’hui. Le pont de bois, édifié en 1838 et démonté en 1898.


CARTE 2
Ici, une multivue très connue. Au centre, "en grand format", le pont Dam Gille, monument phare de la ville, est bien entouré par les incontournables créçois : le beffroi, l’église St georges, les passerelles des Promendes, la gare, le monument au mort de 1870, et quelques clichés illustrant les bords du Morin. Une balade complète dans Crécy en 13 micro-clichés et à condition de se munir d’une bonne loupe.
Le pont métallique de 1898 véhiculait une image empreinte de modernité, celle d’un Crécy s’installant fermement dans le XXème siècle.
J’imagine qu’il faisait la fierté des créçois de l’époque, sauf de quelques uns bien sûr, les éternels râleurs : ceux qui ont probablement critiqué son esthétique un peu lourde, ou se sont inquiétés de la santé des promeneurs s’y aventurant par temps d’orage.


CARTE 3

Cette carte postale à effet "nuage" et dont le dos n’est pas divisée a été éditée avant 1904 et présente un des plus anciens clichés connus, du pont.
Notez au passage la variante orthographique  : Dame-Gilles (dame au singulier )

Le pont métallique des cartes postales anciennes est d’une conception très caractéristique des ouvrages d’art de la fin du XIXème siècle.
Son esthétique n’est pas des plus élégantes. Cependant, j’aime ses triangulations dont les contours sont soulignés par des belles rangées de rivets, enfichés à chaud,
Toute proportion gardée, il nous fait penser aux constructions de Gustave Eiffel !


CARTE 4

Cette belle carte colorisée a des allures d’aquarelle. Les barques très présentes sur la rivière, semblent conçues selon un modèle satndard évoquant les embarcations à fond plat utilisées dans les zones marécageuses
Notez au passage la variante orthographique  : Dame-Gille (dame au singulier et tant qu’à faire, Gille aussi !)

Né du génie d’ingénieux français, ce pont fut détruit par l’ingénieux génie français. Ce dernier, génie de 1940, du genre 7ème compagnie, fil bleu sur bouton bleu, fil rouge sur bouton rouge, fit sauter le pont objet de notre attention, pour s’opposer à l’avance allemande. Un acte aussi dérisoire qu’inefficace.
Le sacrifice de notre pont n’a pas sauvé la France.


CARTE 5
Voici, enfin un pêcheur opérant depuis une de ces barques caractéristiques. 
Les photographes ont toujours cherché à animer leurs clichés en captant des personnages prenant la pose ou mieux œuvrant dans des scènes de la vie quotidienne.
Les pêcheurs, au bord de l’eau, sur l’eau, parfois aussi saoul l’eau, sont très présents dans les décors créçois. La rivière était-elle plus poissonneuse à l’époque ? Les pêcheurs plus nombreux ?

Comme le montre la belle carte n°6, le Morin était aussi un lieu de loisirs tout désigné pour des parties de canotage, où l’on ramait en famille en sirotant du vin blanc. En somme, il ne manque qu’une guinguette sur la photo.  Cette lacune n’a toujours pas été comblée. Aucun café, aucun restaurant au bord du Morin, aujourd’hui encore. C’est presque un comble pour la Venise briarde.


CARTE 6
Canotage en famille, très belle époque. au fond, le Pont Dame-Gilles

CARTE 7
Sur cette photo, le Bateau lavoir stationne en aval du Pont
Tout à côté du pont, étaient amarrés un ou deux bateaux lavoirs. Sur la carte 7 , le bateau lavoir stationne en aval du Pont. Sur d’autres cartes, un bateau lavoir est installé en amont, entre le pont et le vieux moulin de Saint Martin. Les deux vaisseaux lavoirs ont un air de famille.
S’agit-il du même bateau qui aurait été déplacé, ou existait-il deux embarcations distinctes pour nos lavandières créçoises.
Je n’ai pas trouvé de réponse claire lors de la dernière exposition du clap (Journées du patrimoine). On parlait y parlait d’un bateau lavoir privé. Si vous pouvez m’éclairer à ce sujet, n’hésitez pas à le faire au moyen d’un commentaire.

CARTE 8
Carte chance ! On ne la trouve pas tous les jours, celle-là.
Cette carte intitulée "Passage de troupes" présente un attelage tirant une pièce d’artillerie (un 75 vraisemblablement) entrain de traverser le pont.
Je dois maintenant vous révéler un curieux effet de mémoire et d’optique. Quand j’ai acquis mes premières cpa du pont, il n’y a pas si longtemps, je n’ai pas tout de suite pris conscience que le pont de ces anciennes cartes n’avait plus rien avoir avec le pont actuel.
Comment ma mémoire visuelle a-t-elle pu me tromper ainsi pendant des mois ?
Aurais-je confondu l’idée avec l’image du pont du marché que j’ai en tête et dont la structure métallique est tout fait comparable celle du Pont Dam’ Gilles des cpa. ? C’est possible.

Pourtant le pont actuel (je suis allé m’en assurer) n’a plus rien à voir avec l’ancien pont métallique. Son tablier est en béton, et ses garde-corps sont constitués de tiges de métal de la plus grande banalité. Le pont actuel n’a en fait rien de remarquable. Il se fait  discret et au bout du compte c’est peut-être mieux ainsi.

Sur le Pont Dam’Gilles les beaux Messieurs font comme ça, puis encore comme ça et je ferai de même pour vous saluer.

jna.


CARTE 9
Aout 1906


CARTE 10  Editeur Pinoy
Carte difficile à trouver
Les trois petits vairons de l’époque s’en reviennent d’une partie de pêche
en arrière plan, un artisan avec sa brouette et son chien (A GREARD), mais qu’elle était son actiivité ?

crédit cpa : jna

(article vu 84 fois)

Facebook 0 Twitter 0 Google+ 0 Linkedin 0 Mail

Vous aimerez aussi...

18 réponses

  1. papounet dit :

    bien JNA tu as gagné le pont pont. :=! ..dams gilles of course 😉

    • AS77 dit :

      mais qui est Gilles ont parle toujours de sa dame :#

      • AS77 dit :

        trêve de plaisanteries ,moi aussi j’ai toujours l’impression de me trouver sur se pont métallique esse le fait du pont métallique du brasset ?? et oui bizarre :#

      • IndianaJones dit :

        Merci jna de nous faire partager cette période où le pont était digne d’une certaine technologie de l’époque, à la façon Gustave Eiffel.
        Dam’ Gilles et ses multiples écritures m’ont aussi intrigué…

        Est-ce la dame de Gilles ? Les dames de Gilles comme un ordre religieux ? Ou tout simplement la contraction de damoiseau ?

        Le damoiseau Gilles de Cuisy, chevalier croisé, serait à l’origine de l’Hôtel Dieu créé en 1217 à Crécy, qui était situé dans la rue devenue aujourd’hui Dam’ Gilles, en face de la ruelle des Anges. Il a fait plusieurs dons dans la région, mentionnés dans des registres religieux, pour créer ou péréniser l’existence des maladeries et d’hospices. Fût-il le même homme qui à la même époque, était évèque de Meaux ?

        On le mentionne aussi comme seigneur de Crécy. Mais il faudrait approfondir cette recherche car à cette époque, le domaine était connu pour être dans la famille de Châtillon.
        Coïncidence ? Ses armes sont : « D’argent à la tour de gueules accompagnée de trois croissants mal ordonnés de gueules ».

        En tout cas, Indiana aime les cpa de jna ! 😀

  2. Florence dit :

    Bravo José, article très intéressant :-e)
    J’aime toutes vos cartes postales, mais particulièrement les N° 4, 5, et 9 qui sont délicatement coloriées. Elles me ravissent :=!

    • jna dit :

      Oui, j’aime aussi ces cartes coloriées ou « colorisées ». On trouve en général les deux versions de cartes, la photo noir et blanc et sa version couleur « aquarellée ». Plus tard je vous proposerai d’autres cartes coloriées très jolies car justement traitées par touches légères qui donnent un très beau rendu. exemple dans cet article : /?p=3122

  3. jms dit :

    En rappelant encore une fois, quite à paraitre perturbateur, que le pont comme la rivière est à moitié sur Crécy et Voulangis.

    Qui le fit construire ? Crécy ou Voulangis (ou plutot Saint-Martin-les-Voulangis) ?
    Crécy probablement, cité plus riche et plus influente. Et puis il fallait bien que les créçois rejoignent leur cimetière pour leur dernière demeure.

    A noter que cet article est excellent. Plein de nostalgie, d’histoire locale comme on l’aime.

    Un grand merci à jna !

    • AS77 dit :

      les crécois avait ils trouvé une terre plus noble sur les terres de saint martin les voulangis ,pour ne point se faire enterrés à crécy ou bien peut être avaient ils peur d’avoir leurs bière dans l’eau 😉

    • georges dit :

      Au beau Gilles voulant
      Rejoindre Voulangis,
      De son pas de géant,
      Foulant l’onde jadis?

      Sous le Pont Damoiseau,
      Coule encor le Morin,
      De la ferraille qui se souvient sur ses eaux?
      Les joyeux canotiers jouent toujours les marins…

      Sous le Pont Dam’Gilles de l’histoire,
      Coulent parfois des scènes
      Qui se perdent dans les territoires,
      Les rois venaient toujours à la suite des reines…

      • jna dit :

        Bravo Georges !
        Je réfléchis à la signification du dernier quatrain … je m’interroge sur les « territoires », je cherche les cartes …
        je vous ai reconnu Michel HouelDebecq 🙂

        • AS77 dit :

          très intéressant de voire que les droits de passage existait à cet époque et étaient respectés

        • georges dit :

          Eh bien… de ce jeu, posons par exemple sur le Pont la carte d’une petite querelle de clochers voisins sympa, couleur Pique…
          puis, supposons la carte d’une méchante guerre fratricide, qui a non seulement anéanti le Pont mais a fait aussi exploser tous les Carreaux aux alentours (il y en a encore des débris dans tous les jardins, c’est un Brionaute averti qui me l’a dit),
          enfin, superposons quelques belles vieilles cartes d’une autre fois, plus ou moins mythées de légendes, et d’histoires de quartiers, de Catherine de la lune et de tout ce qui s’ensuit de Coeur…
          il y a de quoi couvrir un territoire de Trèfles!

          • jna dit :

            les Carreaux de St GEORGES ?

            • georges dit :

              Et puis de St LOUIS, les cristaux…
              A pérennes vitraux,
              Bonne pâte de verre,
              Les deux Saints vont de paire,

              Depuis le Pont Dam’Gilles,
              On aperçoit leur blond campanile
              Aux sons lents et subtils,
              Ainsi soient-ils!

              • amorel dit :

                Bravo Georges , pour tes indéniables qualités de poète. Concernant Dam’ Gilles, il s’agirait d’une déformation du latin Dominus = le maître, on pourrait le traduire , sans trop le trahir , par Saint Gilles. Peut être s’agit il de ce chevalier évoqué plus haut par Indiana Jones, bienfaiteur de l’Hotel Dieu ?
                En ce concerne le dynamitage du pont Dam’gilles en 1940, mes parents et grands parents , m’ont raconté que les grands portes qui ferment le porche où , j’habite au n° 17 ont été projetées au milieu de la cour par le souffle de l’explosion.

                • georges dit :

                  …Dam !.. directement du verbe grec « damazein »: dompter, vaincre, dominer, soumettre, (notamment par les armes), c’est aussi très parlant… A ce Seigneur tout honneur!
                  Et comme il semble que l’on puisse également attribuer à ce Gilles le titre de Saint, éloquente est la signification de ce nom d’origine celtique « Gille » : serviteur… Hommage à Saint Gilles, au service des mendiants et des estropiés!

                  Mais quelle chance avons-nous d’avoir Trois Saints protecteurs réunis dans ce quartier, sur un si petit territoire! Nous avions déjà Trois Croissants …

  4. jna dit :

    petit ajout en fin d’article : photo 10 tout juste arrivée de Berlin (DE) … ou l’on voit AS77 en culottes courtes

Laisser un commentaire