Les enfants de la rivière

En ce jour ensoleillé du 28 avril 2010, mon voisin Daniel MOREL, que je rencontre ce matin au détour de la rue Serret, me propose de faire un tour insolite dans Crécy, une visite que peu d’entre vous ont faite, une visite de Crécy depuis la rivière et les brassets, non pas sur un canoë, ou une barque, mais dans l’eau avec combinaison et des palmes.

Cela fait plusieurs années que Daniel me propose cette ballade. Je connais Daniel depuis toujours, puisqu’il est né à Crécy et qu’en ce qui me concerne, j’y habite depuis 1988. Auparavant j’habitais à Voulangis et je rendais souvent visite à mes grands parents qui habitaient rue Dam’Gilles.

Daniel et moi portons le même nom de famille, mais nous ne sommes pas de la même famille. Nous habitons tous les deux dans la rue Dam’Gilles, mais pas du même côté, nous avons un an d’écart. En fait bien que nous ayons été, il y a bien longtemps à l’école maternelle ensemble, puis au caté, toujours avec un an d’écart, nous nous étions perdus de vue. C’est la rivière qui nous a rapprochés, lors de la dernière grande inondation.

Ayant appris à Daniel, qu’aujourd’hui c’était mon anniversaire, il me propose de faire cette visite insolite et sportive ici et maintenant.

Après avoir enfilé des chaussons taille 42, moi qui chausse du 43-44 et la combinaison néoprène de 3 mm d’épaisseur, sanglé les palmes, enduit nos corps d’un spray à base d’huile de jojoba, nous nous laissons glisser depuis un ancien lavoir dans les eaux printanières de l’étroit  brasset qui coule dérrière chez moi.

Whaou…, super, à la sortie du brasset, nous affrontons les eaux tumultueuses et glacées de cette redoutable rivière sauvage le Grand Morin, on se croirait presqu’à Center Park, mais sans plexiglass. En fait elle est plutôt bonne à 15 °C et nos combinaisons, nous protègent suffisamment et parfaitement calme, par moment des courants chauds nous portent comme dans un bain de jouvence, il fallait au moins cela pour porter un demi siècle en ce jour.

Nous prenons à gauche et avançons gentiement, jusque vers la vanne du moulin, que nous escaladons sans déchausser nos palmes. Puis nous nageons jusqu à l’île, dépassant le presbytère et les Cadres. Nous nous engouffrons dans le brasset, le courant augmente un peu, et là longeant le déversoir, nous allons nous étendre sur le lit de racines d’un platane multiséculaire. Après avoir libéré un bouchon de bois, de feuilles, de détritus végétaux, nous passons le petit déversoir et passons sous le pont qui relie la rue Jean de Compans à la rue du Barrois. De là nous longeons la rue de la Halle, des filets d’eau, chauffés par ce soleil d’avril, nous procurent des sensations agréables.

Puis nous atteignons le pont de la rue serret, pour nous retrouver sous le  quai des tanneries. Nous franchissons la vanne, et nous laissons glisser sur le dos vers la passerelle du Chemin de Ronde, là nous rencontrons, Katia et Aliona, surprises de voir ces drôles de poissons, un peu trop gros pour leurs frêles épuisettes, elles appellent leur père M. Maufus, et leur grand-père, qui nous offrent un verre de jus de fruit et nous prennent en photo.

 

 


 
Puis nous continuons, au fil du courant et  prenons à droite, direction le champ de Foire. Ayant atteint l’embarcadère, nous nous hissons péniblement jusqu’à la berge. Puis ayant déchaussé nos palmes, remontons tranquillement, jusqu’à une petite vanne, dont la chute d’eau permet de nettoyer la vase qui s’était incrustée dans nos palmes.

Notre étrange cortège pénètre dans Crécy et nous allons boire un capuccino et un irish coffee au Commerce, là nous discutons joyeusement avec quelque connaissances, puis nous traversons la place du marché, pour déboucher sur la rue Serret, un petit coucou au toilettage et nous allons saluer Paul, qui nous propose de retourner dans l’eau pour prendre les clichés que vous avez ci-joint.

Puis retour au bercail, par le brasset du quai des tanneries, nous tournons à gauche, nous croisons deux pécheurs un peu surpris, que nous saluons amicalement, nous efforçant de nager doucement le plus éloigné possible de leurs ligne. Un jar afollé se met à courir sur la rive opposée, suivie par une oie non pas blanche, mais grise. Nous franchissons les arches du pont Dam’gilles, et regagnons notre point de départ, là pied à terre, nous nous séchons au soleil en dégustant allègrement, rillettes de canard et saussisson sec, sur des tranches de pain des labours, le tout arrosé d’un vieux Bômale, de circonstance.

Ca c’est Crécy, ça c’est la vraie vie, au fil de l’eau, au fil du temps qui nous emmène lentement mais sûrement vers l’éternité.

Merci Daniel, pour ce cadeau d’anniversaire …
Quelle aventure …

Antoine MOREL


 

Cliquez sur les photos pour les agrandir

(article vu 16 fois)

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42 réponses

  1. Jean-Michel Sagnes dit :

    Original! :-e) :-e)

  2. retraitactif dit :

    amorel,tu n’es pas sur les photos?

  3. dididu77 dit :

    Chaque année, les petits collégiens s’amusent bien à aller faire trempette dès les beaux alors pourquoi pas une petite balade! 😉

  4. jna dit :

    Original en effet. :b
    Un bon sujet.
    Les photos sont toutefois un peu narcissiques (genre vieux Bômale !). On aurait aimé avoir un peu plus de vues insolites de Crécy prises du milieu de la rivière ou des brasset 🙁

    A voir son attrait pour la baballe dans la rivière et de le « petit coucou » au toilettage après la baignade, je me demande s’il n’y a pas quelques gènes de Labrador dans l’ADN d’AMorel. Les rillettes de canard et le saucisson sec, ça n’empêche pas d’aimer les croquettes. :paf

    • amorel dit :

      Tu as raison, j’ajouterai même égocentrique, en effet comment la rivière peut exister en dehors de moi… en fait tout a été improvisé, les photos ont été prises par Paul et Didier Maufus. En fait il y en une trentaine, jms a choisi celles qu’il a trouvé les plus intéressantes.
      Daniel Morel a également pris des photos en argentique, mais elles ne sont pas encore développées.
      Pour notre prochaine escapade, s’il y en a une, nous essaierons de vous montrer cette face cachée de Crécy, notamment ce platane multiséculaire..

  5. Jean-Michel Sagnes dit :

    Et notre ami AS77, ça ne le dérange pas ces types qui viennent déranger poissons et pêcheurs.
    Enfin, ce que j’en dis…….c’est histoire de mettre un peu d’ambiance.

  6. jms dit :

    Un bel article de notre ami Antoine !

    Un sujet plein de fraicheur qui respire le bonheur de la vie créçoise.
    Un pays où coule l’amitié, la joie de vivre, l’insouciance d’une aventure de grands ados.
    Un petit monde où tout le monde se connait, se reconnait, s’apprécie, s’enthousiasme pour des petits plaisirs.

    Ah qu’il fait bon vivre au pays de Crécy !

  7. Camille dit :

    Bravo pour cet article..Très original..je ne pensais même pas que c »était autorisé de prendre « un bain de Morin »..en barque..oui..mais en « ados palmés » Il fallait vraiment le trouver.. :-b) …En tout cas, les photos sont superbes et donnent envie de peindre.(ce ne sera pas facile!!)..Ma photo préférée est la 1ère et la 4ème :=! ça m’a fait beaucoup rire…Donc chère Amorel, continuez dans la rubrique Humour..A ce jour tout est possible chez les brionautes :-e) A bientôt..

  8. retraitactif dit :

    je ne vois toujours pas amorel sur ces photos..et les palmes,ou sont-elles?à l’académie? :# :#

    • Korie dit :

      Si l’Homo Sapiens Créçois tarde à surgir des flots cette année, les petits canetons eux s’en donnent à coeur joie. Ils sont nés ! Attendez-vous à en voir une belle colonie, j’en ai vu 5 tout à l’heure, ciel qu’ils sont petits ! La semaine dernière point de canetons il y avait. Annonceraient-ils le beau temps ? En tout cas, ça fait plaisir et ils nous replongent dans le passé, ils ont toujours autant la cote !

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