L’origine du blason de Crécy en Brie : Le grand fossé

Préambule du Professeur Jones
Si je me suis retrouvé sur ce site aujourd’hui, à vous conter l’histoire locale de notre belle vallée, c’est surtout grâce aux travaux de recherche sur notre patrimoine du "Professeur" José Navarre.
Moi-même curieux de tout, je me décidais donc, il y bientôt 1 an, à participer aussi et apporter des réponses historiques, car nous avons tous un devoir de mémoire à transmettre aux générations futures.
Il est vrai que le monde évolue, par des médias parfois bien abrutissants ou à grand renfort de propagandes. Mais chez les Brionautes, nous nous retrouvons dans une tribune ouverte sur la réflexion, malgré, je l’avoue, quelques débordements parfois.
Aussi en partant des recherches de José et d’un échange écrit portant sur un trait d’union, je vous propose de découvrir une nouvelle interprétation du blason de Crécy en Brie et de son origine.
Mais, avant de commencer cette enquête, voici quelques annotations pour la compréhension, la lecture de notre blason.

La noblesse et les chevaliers

En France, la noblesse prend ses racines à l »époque gauloise. L »ordre des chevaliers se distinguait alors des druides et du peuple.
Puis les romains conquirent la Gaule, et établirent leurs propres règles. Enfin, les Francs à leur tour, ravirent les Gaules aux Romains, et formèrent le principal corps de la Noblesse en France.

La distinction de Chevalier, en latin miles, était à l »origine le plus haut grade de la noblesse militaire. Cette distinction était personnelle et non transmissible héréditairement.
Il y avait deux classes de Chevaliers :
– Les bannerets, qui, possédant de grands fiefs, avaient le droit de lever bannière et étaient tenus de soudoyer cinquante arbalétriers pour le service du roi.
– Les bacheliers, qui, n »étant point barons ou n »ayant pas assez de vassaux pour lever bannière, servaient sous les ordres des premiers, et parfois même sous les enseignes des écuyers bannerets.
On rapporte la décadence de cette institution au privilège qu »eurent les prélats et les barons de certaines villes du royaume, d »anoblir les bourgeois en leur conférant la ceinture militaire, cérémonie en usage pour armer un Chevalier.

Quelques pistes pour comprendre l »héraldique…
Pour les armoiries souveraines, le bleu roi (appelé Jupiter au moyen-age) était de rigueur. Pour la haute noblesse, c »était le bleu céleste (saphir au moyen-age).L »azur est l »emblème de la loyauté, de la fidélité et de la bonne réputation. Il est ainsi dit en armes et est porté par les chevaliers en leurs écus.L »argent est le symbole de la pureté et de la franchise. Cette couleur est liée à la noblesse.L »or signifie richesse, force, foi, pureté, constance. Couleur liée aux souverains, on la retrouve sur le blason de personnes gradées militaires ou anoblies par le roi.Le croissant est le symbole de la noblesse, de l »accroissement des richesses, de l »honneur et de la renommée. Maintenant, remontons un peu le temps…

Crécy et l »histoire
Au fil du Morin, Crécy s »est changé de seigneurie en domaine royal à maintes reprises. Chaque seigneur ou souverain possédait ses propres armoiries.
Si certains ont vu dans le blason de Crécy le C de Catherine de Médicis, c »est tout simplement parce qu »il est apparu à son époque. Henri II n »aurait certainement pas toléré un tel détournement de ses armoiries sur son domaine. On remarque aussi l »absence de la couleur or, d »une couronne royale ou de fleurs de lys. Pas de trace non plus d »armes antérieures d »un seigneur possédant cet emblème. De plus, l »azur est céleste.
Dans l »ouvrage "Crécy la Chapelle, la Venise briarde", réédité il y a peu, nous apprenons que les armes de la ville sont mentionnées pour la première fois en 1562 et apparaissent surtout au siècle suivant.
Pour autant, les armoiries de Crécy ne sont pas les armes de Catherine, ni celle de Henri II et encore moins celles de Charles IX.
Par contre 1562 est l »année qui marque le début des guerres de religions en France, et l »attribution par Charles IX de la ville de Crécy à sa mère.
L »inspiration du blason de Crécy ressemble étrangement au chiffre "Kabbalistique" de son mari, le roi Henri II. Faut-il voir un hommage rendu au défunt roi en l »honneur de Catherine de Médicis, Dame de Crécy ? Catherine se serait-elle amusée à représenter Crécy sous la forme d »une balance zodiacale mystique ?
Qui d »autre aurait pu porter cet emblème et l »élever en bannière sur le domaine royal de Crécy ?
Le territoire de Crécy
Dans l »ouvrage "Les enceintes de Crécy-en-Brie et la fortification dans l »Ouest du Comté de Champagne et de Brie au XIIIe siècle" de Jean Mesqui, son étude nous démontre que les remparts de Crécy ont connu deux étapes dans leur construction. D »abord les quartiers du château et du bourg, puis quelques temps après, le quartier du marché avec le nouveau brasset.
Il nous fait part aussi d »un élément révélateur. La partition de l »agglomération en deux paroisses distinctes, qui ont cohabité pendant une bonne partie de l »Ancien Régime.
Les quartiers du "château" et du "bourg" appartenaient à la paroisse de Saint Georges, le quartier du "marché" à la paroisse de La Chapelle.
La ville était coupée en deux, séparée par un grand fossé, le brasset des Tanneries.
En tout cas, ces représentations symboliques des trois territoires de crécy et du détail de la division paroissiale de la ville correspondent bien à la vie du domaine à l »époque.
Voici ce que nous donne sa lecture : un croissant renversé pour le territoire du Château sans seigneur, un croissant tourné vers le chef de l »écu pour le territoire du Bourg, siège du bailliage, un territoire sans seigneur, non aligné aux premiers pour le territoire du Marché. L »argent indique la noblesse et l »azur céleste les chevaliers. Ces trois territoires unis, forment la ville de Crécy en Brie.

Si l »Histoire ne nous apporte pas d »éléments de réponse sur la création de notre emblème en 1562, elle nous apprend que seules, à cette époque, les institutions militaires avaient le droit de lever leur bannière sur les domaines.
En 1578, Catherine obtint de son fils le roi Henri III l »autorisation de vendre – à faculté de rachat perpétuel – la terre et la seigneurie de Crécy. La ville peut être alors soumise à un "engagement". Le domaine devient la garantie d »un emprunt royal contracté auprès des créanciers. Les créanciers, appelés engagistes, en ont la jouissance mais pas le titre y afférent.
Aussi, Crécy aurait très bien pu être "affranchie" à la noblesse créçoise qui se serait substituée au seigneur engagiste de l »époque, faute d »argent dans les caisses du roi. Ainsi, en 1624, une cloche (qui se trouve au beffroi aujourd »hui) émerge sur l »auditoire du bailliage, où siège le Conseil de Ville. Cela expliquerait l »absence du lys ou des armes d »un seigneur connu. L »origine et la signification semblent liées à une organisation des habitants des trois quartiers de la ville, la milice bourgeoise. Le blason pourrait aussi bien avoir pour origine, l »incitation proposée aux villes par Henri II, vers 1550, à se doter de compagnies d »arquebusiers pour défendre leurs murs. De plus, c »est le dernier roi de France qui ait séjourné en ville.
Un "affranchissement" de la ville pour bons et loyaux services aux chevaliers, riches notables du quartier du Bourg ? Sachant que le duc de Vendôme n »a pas cessé d »intriguer contre sa belle-mère, Marie de Médicis, puis contre son demi-frère le roi Louis XIII, et enfin Richelieu, il n »y aurait rien d »étonnant.
La piste des Arquebusiers ?
Dès la fin du 16ème siècle, une corporation de chevaliers royaux de l »Arquebuse, se forme à Crécy. Succédant aux archers et arbalétriers, elle est composée à ses débuts d »un petit nombre d »habitants, tous notables. Elle fut d »ailleurs très active et remarquée sous la Ligue catholique (regroupement de catholiques créé en 1576 ayant pour but d »éradiquer le protestantisme de France).
Chaque compagnie d »arquebusiers possédait ses devises et dictons, sa marche, son roi, son drapeau, son uniforme particulier. La compagnie des Arquebusiers de Crécy possédait comme dicton "la Pampille" et le doux sobriquet de "rognures de morue". La pampille est le nom approprié pour évoquer le pendeloque de métal au centre de l »écu. Ces ornements métalliques étaient portés par la noblesse espagnole. Les arquebusiers durent batailler contre eux à maintes reprises. Pour rognures ou dans certains ouvrages "rogneurs" de morues, imaginez un tas d »arêtes.
Voici leur devise :
"Sur la pampille et rognureVoilà bien des ris;Mais, dans cette conjoncture,Nous nous vengeons de l »injureAvec des prix,Avec des prix."


Cette maison de la rue des Minimes est-elle l »ancien hotel de l »Arquebuse ?
Azur aux trois croissants d »argent entrelacés figure sur son drapeau, représenté en croquis et extrait du livre consacré à "Crécy la Chapelle, la Venise briarde", emblème de Crécy-la-Chapelle aujourd »hui.
Sur ce blason dit "ancien" mais néanmoins très récent hérité des Pampilles, le croissant légèrement incliné explique le détachement symbolique du "marché" à la paroisse de La Chapelle. L »azur représente la couleur des chevaliers de l »arquebuse.


Le blason du drapeau des arquebusiers est inversé par rapport au blason qui nous est familier (comparez les deux entrelacs présentés). Je suppose que le dessin figure l »envers du drapeau et que sur l »endroit, la blason apparaitrait dans la bonne position. Voir aussi à propos des arquebusiers, l »ouvrage de RC Plancke "Crécy et ses e,virons" Ed Amattéïs  (note jna)
Crécy sous la Révolution
Arrive l »année 1789 et la Révolution. Dès l »automne, une loi de l »Assemblée Constituante décidait la division de la France en départements, districts ou arrondissements, cantons et communautés. C »est ainsi que Crécy se trouva tout naturellement délimité…
Trois quartiers réunis sous la paroisse de Saint Georges !
Mais la révolution et ses tourments apportât aussi la dissolution de la compagnie de l »Arquebuse. Leur drapeau, déposé sur la tour de Saint Georges avec celui des Cadets en août 1790, fût brûlé en 1792. Dans toutes les villes de France, les motifs à caractères royaux sont interdits sur les drapeaux, blasons entre autres, mais aussi sur les tapisseries. Le tricolore est à la mode.

trois quartiers de pomme
Les notables formant la compagnie d »Arquebusiers ne quittèrent pas pour autant les lieux. L »ancien auditoire du bailliage des seigneurs devient Hôtel de Ville. Et fait très important, la cloche de l »an XI est installée sur la tour du Temple de la Raison, l »église Saint Georges, dans le clocheton qui lui sert de beffroi.
Pourquoi une nouvelle cloche cette année là ? Certes, le décret du 27 germinal an X avait rendu aux communes l »usage d »une cloche. 1802, c »est l »année où Crécy-en-Brie obtient le nom républicain de Crécy-sur-Morin.

La ville est répertoriée sous ce nom dans le Dictionnaire Géographique des Postes aux Lettres de tous les "Départemens" de la République Française dont voici quelques lignes de préface :
"C »est pour mettre le Public à porter d »indiquer exactement le bureau de Poste qui doit distribuer la lettre qu »il confie à la Poste, que cet ouvrage est fait. L »ordre alphabétique le plus vigoureux a été observé ; les anciens et véritable noms des Villes et Communes ont été rétablis, à l »exception d »un petit nombre dont le changement a été maintenu par les arrêtés des Consuls contenant la Division du Territoire de la République en Justices de Paix, et qui, aux termes de l »arrêté du 9 fructidor an IX, doivent seuls déterminer le nom qui sera donné à l »avenir à chaque commune."
Mais il faut attendre l »ère de la restauration avec le retour du roi Louis XVIII pour que le naturel génétique de la ville revienne au galop. C »est ainsi, aux alentours de 1820, que réapparaît le blason et le retour de l »appellation royale de la ville "Crécy-en-Brie", cohabitant dans les ouvrages avec le nom républicain, "Crécy-sur-Morin".
Nous retrouvons nos trois territoires entrelacés, unis sous la paroisse de Saint Georges et le bleu roi. Nous y trouvons aussi cette autre lecture du blason : "lunes blanches avec cernes et ombres à traits bistre sur champ bleu roi.
Le terme bistre évoque une teinte brune, couleur qui nous rappelle la terre.
La "Lune" en héraldique moderne serait donc une représentation symbolique d »un territoire possédé, lié au titres de noblesse et des souverains. Il faut être chevalier pour obtenir une baronnie et le titre de baron. Cinq territoires étaient nécessaire pour prétendre au titre de marquis. Et ainsi de suite…
Une clé non négligeable car elle ouvre une nouvelle piste pour la compréhension des blasons possédants des "croissants".
Applications sur d »autres blasons …
Les blasons et emblèmes sont les marques de la noblesse et des rois, utilisés pour signifier leurs propriétés. Nous les retrouvons sur des objets, des constructions bâties ou restaurées mais aussi dans les villes conquises. Ces marques sont apposées du début jusqu »à la fin de leurs règnes.
Prenons l »exemple des armoiries du dernier seigneur de la Chapelle et engagiste du domaine du roi pour Crécy, baron de Roise et de Bressolles, François-Joseph Ménage de Mondésir (1693-1783) dont voici un petit ex-libris à rajouter au patrimoine des Brionautes.

Fonds d »azur, au chevron d »or, accompagné en chef de deux quartiers d »argent, et en pointe, d »une tour du second émail.
Il eut une carrière militaire, gradé par le Roi (symbolisé par le chevron d »or), possesseur de deux territoires (les croissants) : les terres de La Chapelle et de Bressolles, et d »une vieille ville fortifiée (la vieille tour d »or) : Crécy et ses remparts, domaine royal. Sans oublier l »azur pour chevalier des lettres.
Il porte la couronne de Vicomte, titre obtenu après plusieurs rachats de terres et seigneuries durant sa vie. Et en support deux levrettes qui symbolisent la fidélité au roi. On remarque aussi une fourragère (symbole des écuyers).

Les seigneuries sont appelées vicomtés. François Joseph Ménage de Mondésir, Grand Ecuyer, fût pourvu de l »office de conseiller-secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances, le 20 avril 1735 (chevalier des lettres). Il rachetât la seigneurie de La Chapelle qui inclue la baronnie de Roise ainsi que les terres de Bressolles. Puis devint engagiste du comté domanial de Crécy et de ses remparts moyennant 276 000 £ en 1741.
Le symbole lune en terme de territoire semble bien correspondre avec d »autres blasons.
Voyons maintenant si cela fonctionne avec les armes du roi Henri II, et ses fameux et très controversés trois "croissants" entrelacés qui figurent entre autre sur le blason de Crécy-en-Ponthieu.
On peut voir cette représentation des armoiries du roi sur le mur d »une galerie du château de Fontainebleau. Il introduit la lune couronnée dans son écu lors de son accession sur le trône. Sa devise est DONEC TOTUM IMPLEAT ORBEM , qu »on peut traduire par :"jusqu »à ce que l »orbe* se remplisse totalement". (*cercle, rond puis par extension globe, monde).
Cette devise explique l »ambitieux pouvoir "croissant" du roi à agrandir son royaume… donc son territoire !
Ces croissants représentent Henri II et le pouvoir qu »il exerce sur trois territoires. Il est le deuxième fils de François 1er et reçoit les titres à la mort de son frère, de Dauphin dit "du viennois" et duc de Bretagne. Ces deux territoires tiennent à rester dissociés du royaume de France. A la mort de son père, il est sacré Roi de France. Trois territoires, trois croissants, unis par le même homme.

blason de Crécy en Ponthieu
Les armes de Henri II seront apposées jusqu »au sacre du roi Charles IX, son fils. Mais celui ci était encore trop jeune pour monter sur le trône à la mort de son père. C »est pour cette raison qu »il existe des représentations de son chiffre avec le croissant renversé. On peut remarquer cette représentation en clé de voûte à la Sainte Chapelle du château de Vincennes, restaurée sous la régence de Catherine. Le royaume n »avait plus de roi, mais le duché de Bretagne et le Dauphiné avait dès lors un nouveau successeur… Charles IX.
Ainsi s »achève cette enquête historico-héraldique au sujet du blason de Crécy-en-Brie, enquête qui ne reste pour autant qu »une simple interprétation.
Depuis que sapiens est devenu sapiens, les dessins ont prévalu sur les écrits pour transmettre l »information, la lecture n »étant pas toujours acquise à tous au fil des époques, et souvent réservée aux élites.
A Crécy les symboles ne manquent pas, il nous appartient d »en trouver les significations et d »essayer de leur donner un sens.
Je ne peux m »empêcher de vous livrer une citation, qui, pour moi, résume assez bien le devoir de mémoire auquel, historiens reconnus, amateurs ou Brionautes, nous nous livrons:
"L »héraldique est le livre illustré de l »Histoire. Les signes, les couleurs rappellent les faits et gestes de ceux qui nous ont précédés. Ils sont un défi pour le présent et l »avenir".
Son Altesse Impériale & Royale l »Archiduc Otto de Habsbourg, cité dans la préface de "Les Dynasties d »Europe". Ed Bordas, 1993.

Conclusion : Jna

Le Professeur Jones m »a demandé de rédiger la conclusion de son article. J »en suis fort ému.  

Tout d »abord, je salue au nom de tous les Brionautes, l »excellent travail de recherche et de rédaction réalisé par Indiana. Bien sûr, j »ai envie de discuter et parfois de contester certains passages. Mais gardons cela pour les commentaires. C »est bien ce type d »article qui nous insuffle le moral nécessaire pour contiuer à faire vivre notre site. Et c »est dans la symbolique du blason que je vois confirmée à travers l »article de Franck, que je trouve les raisons véritables de continuer de faire vivre notre association : Trois quartiers de lune, pour trois quartiers de ville, entrelaçés comme pour délivrer un message de solidarité entre créçois, que chercher de plus ?

La theorie des quartiers me plait bien, elle très proche de celle que j »avais avancée à travers la représentation des trois bras d »eau délimitant eux-mêmes les trois quartiers en question : en somme ce n »est qu »une question de contenu ou de contenant. Le principe est le même de même que le message final.

Bien sûr, nous restons dans le domaine de l »hypothèse et cela, tant que nous n »aurons pas trouvé queque part dans les archives nationales, départementales, diocésiennes ou autres, un texte d »époque, une preuve qui enlèverait toute ambiguité quant à la date de création du blason et quant à sa symbolique.
Tant mieux !  pour le moment nous pouvons continuer à faire travailler nos méninges et phosphorer.

Dans l »épilogue de ma première série d »articles, j »avais écrit : "En première lecture, notre blason apparaît comme une sorte de carte qui rappelle l’organisation de la ville, autour de la rivière et de ses brassets. Trois croissants, trois quartiers -de lune- qui par leur entrelacement subtile peuvent aussi évoquer l’inaliénable aspiration des créçois à plus de paix, de prospérité, de solidarité. A bien l »observer, c’est une réussite, car c’est tout à fait le sentiment qu’il m »inspire.  […]

Je pense que troquer notre vieille interprétation, […) contre une explication foncièrement positive, empreinte d »optimisme et de surcroit toujours pertinente, nous fait enfin retrouver la bon chemin. Un virage radical à 180° qui nous remet en marche dans le bon sens. C’est de nouveau le futur, l »avenir que nous regardons avec confiance et sérénité. "

En relisant ce texte je dis que je ne change rien.

(jna)

Sources principales :
rappel  : liens vers les épisodes précédents : les 5 premiers articles de jna Et aussi :  blason : la piste des tanneurs
– Les Brionautes, avec une spéciale dédicace à José Navarre et ses éminentes trouvailles.- La Mairie de Crécy-la-Chapelle pour le livre "Crécy la Chapelle, la Venise briarde", imprimé pour le compte de la Mairie de Crécy par l »imprimerie Maury, 2007.- "Crécy-en-Brie et la Vallée du Morin" de Sabine Gervais et René Blaise – 1955 – réédité par la famille de l »auteur en 1990-" Les enceintes de Crécy-en-Brie et la fortification dans l »ouest du comté de champagne et de la Brie au XIIIe siècle", extrait de l »étude de Jean Mesqui publiée en 1979, Fédération des Sociétés Historiques et Archéologiques de Paris et d »ile-de-France, 1981.- "Crécy-en-Brie, notice historique et état du domaine au XVIIe siècle", Th. Lhuillier, 1867. Editions Amatteis, 1983.- Dictionnaire géographique des Postes aux Lettres de tous les "départemens" de la République Française, imprimerie de Valade, Paris, 1802.- Wikipédia, pour le blason de Crécy en Ponthieu, sur la page de Crécy la Chapelle- Le système héraldique français par Rémi Mathieu, J. B. Janin, Paris, 1946.- Dictionnaire archéologique et explicatif de la sciences du blason, Comte Alphonse O »Kelly de Galway, Bergerac, 1901.- Dictionnaire héraldique, Charles de Grandmaison, Paris, 1861.- Dictionnaire encyclopédique de la Noblesse en France, Nicolas Viton de Saint-Allais, Paris, 1816.-Abrégé chronologique d »édits concernant la noblesse, Nicolas-Louis-Hyacinthe Chérin, Paris, 1788.- Des couleurs symboliques dans l »antiquité, le moyen-âge et les temps modernes, Frédéric Portal, Treuttel et Würtz librairie, Paris, 1837.- Le blason, dictionnaire et remarques, Comte Amédée de Foras, ed. Joseph Alier, Grenoble, 1883.- Les Dynasties d »Europe, Mickael Maclagan, édition Bordas, 1993.- Romancero de Champagne, tome V, troisième partie, chants historiques, 1750-1829, Prosper Tarbé, librairie Brissart-Binet, Reims, 1864.- Table générale, analytique et raisonnée des Loi, collections, Jean Batiste Duvergier, librairies-éditeurs A. Guyot et Scribe, Paris, 1834.- Etudes et recherches historiques sur les monnaies de France, M. Berry, librairie Dumoulin, Paris, 1853.- Revue numismatique, vol. 6, E. Cartier et F. de la Saussaye, Paris, 1841.- Petit Larousse Illustré, 1994.

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37 réponses

  1. AS77 dit :

    époustouflant bravo à vous deux, le travail de Franck d’une part et l’orientation de JNA ainsi que de sa réflexion relater l’histoire après toutes ses recherche relève de l’art :-e)

  2. jna dit :

    Pour les nouveaux, j’ai ajouté les liens vers les articles précédents sur ce sujet dans le paragraphe « Principales sources »

  3. Florence dit :

    Bravo Franck pour cet article très intéressant :-e)

  4. IndianaJones dit :

    Merci à tous, Brionautes et nouveaux venus, pour vos encouragements. 😉
    Bien sûr, certains points dans les recherches restent à approfondir, faute de références précises dans les archives ou les ouvrages.
    Ces recherches, afin de confirmer ou contredire ces explications, nous ouvriront sûrement la voie vers de nouveaux détails historiques oubliés… Oui, José, tu as raison, l’aventure continue !

    Comme tu nous le rappelles si joliment, cet emblème évoque la paix, la prospérité et la solidarité…
    C’est avec la contribution de tous, chacun dans son domaine de prédilection, que le Pays Créçois avec son riche passé, nous a fait évoluer jusqu’à ce présent… Il nous appartient d’en écrire l’avenir !

    • georges dit :

      quelle belle réponse consensuelle, quel idéal exaltant dans ce commentaire, clair comme du « Cy » de « Cré »… (pour le sens, cf vos indications du 18/08/2010, même thématique, même endroit, Myster Jones)!
      Les boucles sont-elles bouclées? Hum!.. tout le monde y croit, personne ne l’espère, le suspense perdure…
      En tout cas, la lecture suivie de l’ensemble des articles (essentiellement dûs à jna) consacrés au « Chiffre de Crécy » est tout à fait enthousiasmante, pour le moins!
      et l’on pressent qu’il y aura encore des trouvailles…
      Regardez le beau cygne qui nous accueille en ce moment « en haut à gauche »:
      arborant son col courbe et ses deux majestueuses ailes en croissant, sur le Morin d’azur… n’est-ce pas un signe?

      • jna dit :

        pfff … c’est un canard déguisé pour le carnaval de la Venise de la Brie

      • IndianaJones dit :

        L’Histoire n’a, hélas, pas toujours été claire comme de « l’eau » de « roche ». Seuls quelques fragments subsistent pour nous permettre de comprendre la civilisation dans son ensemble. Alors, avant de boucler la boucle ou comme disait Henri II « jusqu’à ce que l’orbe se remplisse », nous avons beaucoup de détails à découvrir. Et encore des recherches en perspective… des futures trouvailles !

        • amorel dit :

          Bravo à Frank pour sa culture historique et héraldique, si j’ai bien compris il y a quatre hypothèses concernant l’origine du blason de Crécy en Brie :

          – Le C de Catherine de Médicis.
          – Les 3 quartiers ( château , bourg et quartier du marché ) , qui sont délimités par 3 lignes de fortifications. Leur entrelacement symbolisant leur union ou réunion.
          – L’outil des tanneurs de peau ( racloir en forme de croissant ) , j’en ai vu un à la grange aux dîmes à Provins.
          – La pampille de la compagnie des arquebusiers.

          C’est ce qui ressort de ma première lecture de cet article très fourni.

          • retraitactif dit :

            Quitte à m’attirer les foudres des « historiens »; je remarque quel le passé les intéresse plus que le présent ou l’avenir/
            le pov papounet qui comme son pseudo le sous entend doit avoir un peu de bouteille(de Chabis » il va de soit » comme les bas nylon) se donne un peu de mal à tenter de lancer un débat sur le futur proche de la commune, va se retirer du site quelque moment avec l’espoir de voir si ce site se dépoussièrer un peut..peut-être avec le retour du patron???
            ceci dit je reconnais la science des nos »castello » mais je dois avouer que celà ne m’intérese pas beaucoup, mais comme dit Florence chacun est libre de mettre ce qu’il veut;comme l’auberge espagnole. 😉 😛

            • AS77 dit :

              il faut être courageux ,pour se préoccuper de la mauvaise gestion politique,de certains de nos élus ou certain de leurs choix ,ce n’est pas spécialement de leurs faute,quand on regarde le résultat des votes pour ou bien les abstentions ,quand tous le monde est toujours d’accord on ne s’aperçoit plus de ses erreurs :#

            • IndianaJones dit :

              Pourtant, l’Histoire nous apprend beaucoup de choses sur l’évolution ou la regression de notre société.
              La Révolution est issue d’un problème d’équilibre social et de redistributions des richesses. C’est un peu ce qui nous arrive aujourd’hui sauf que nous, nous avons encore la chance de pouvoir acheter du pain.
              Faut-il continuer à favoriser les capitaux des « Barons des finances et de l’industrie » ?
              Certes, l’Histoire ne résoud pas les problèmes. Et à ce jour, ni mes opinions et mon droit de vote non plus.

              Dans le passé, Crécy a eu aussi des Maires « Bâtisseurs » républicains qui ont modifié le visage de la ville pour lui donner un nouvel essor.
              Le beffroi était-il nécessaire ?
              Aujourd’hui, il fait pourtant bien partie de notre paysage.

            • jna dit :

              Faux, archi faux RA … nous on va pas à Oléron tous les ans, …
              tous ces travaux ne font que remettre en cause des interprétations écrites dans le marbre, le marbre costaud qui fait que rien ne change, interprétations erronées mais toujours acceptées, jamais contredites …
              C’est un éclairage nouveau sur une histoire ancienne, une capacité d’analyse critique par la seule force du raisonnement et du bon sens. Soufflons un peu et la poussière créçoise s’envole, ne la laissons pas retomber sans rien faire. Comme disait Coluche, il faut laver la poussière (la crasse) avant qu’elle ne se redépose !!!
              Ceux qui comprendront le vrai message de notre blason réfléchiront peut-être plus aux prochaines élections à l’image du couteau AS77, celui qui dit, celui qui dit faire et qui diffère, celui qui fait parfois … OU pas.

              Brionautes de tous les pays, unissez-vous !

            • Florence dit :

              Place à chaque chose pour trouver un équilibre. Le fait de s’intéresser au passé, et remercions ceux qui se donnent le mal d’écrire pour nous à ce sujet des articles très intéressants, n’empêche pas de se préoccuper du présent, et souvent aide à le comprendre.

          • IndianaJones dit :

            L’origine et la naissance du blason nous restent toujours obscures. Mais cette enquête menée en parallèle avec l’Histoire de France, l’atmosphère politique et sociale des différentes époques et l’héraldique, nous oriente vers les arquebusiers, les chevaliers « barons » de Crécy. Leur devise « La Pampille » pour définir les trois croissants est une référence liée aux espagnols.
            Quant à l’interprétation de la lecture des trois quartiers, de sa différence paroissiale qui évolue vers trois quartiers sous une même paroisse, elle correspond bien aux évènements locaux de l’époque.
            La révolution nous a laissé des traces de ce combat du symbolisme républicain contre les signes féodaux et religieux.

          • jna dit :

            concernant la pampille, je ne suis pas en phase avec indiana. J’y verrais plus une référence à de la passementerie militaire qui est la frange dont en fait divers attributs comme les épaulettes par exemple. Hors S. Gervais parle ainsi des « arquebusiers » : « ils portaient uniforme et épaulettes » …
            Mais comme dirait papinet ou papounet, c’est des vieilleries et on s’en fout un peu !

            • IndianaJones dit :

              Pour l’interprétation de la devise des arquebusiers, j’ai trouvé aussi plusieurs définitions dans les dictionnaires qui attribuent le terme de pampille aux ornements de métal vestimentaires portés par les espagnols. De plus, la devise de chaque compagnie d’arquebusiers de différentes villes se réfère aux armes des écus. Trois croissants de métal, couleur argent semblent bien correspondre à la Pampille de Crécy.
              Mais je ne possède pas la vérité… Les pompons frangés des épaulettes ne sont pas à exclure. :#

  5. jms dit :

    Un article de grande qualité que je salue.
    Bravo à IndianaJones, et à jna pour son aide.

    Un article qui démontre la pertinence de ce site et son rôle dans l’érudition locale.

    • amorel dit :

      Grace à Jna et à Indianajones, entre autres, les brionautes font de plus en plus figure de Société Historique et Littéraire du Pays Créçois. Avec des recherches et des questions pointues, ils produisent des réponses fouillées. Il est évidemment difficile de trancher, ce qui laisse à chacun , un chantier ouvert pour de nouvelles recherches et nous un brin de mystère, source d’inspiration poétique et artistique.
      Comprendre le passé, pour gérer le présent, et envisager un avenir croissant.

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