Pirates et parallèles

De la fiction à la réalité
De l’écriture au cinéma

J’ai lu dernièrement un livre d’Yves d’Artois " le vaisseau du silence", dans lequel le héros est à la recherche du navire fantôme, le Sea Sparrow. Cela m’a rappelé le nom du célèbre pirate Jacques Sparrow et je me suis mis à faire des recherches que je vous livre :

Les tresses de la barbe de Jack Sparrow sont identiques à celles que le célèbre pirate Barbe Noire faisait pour effrayer ses adversaires. Il ne manque plus qu’à Jack Sparrow de mettre des bougies enflammées sur son serre-tête pour ressembler à Barbe Noire lors de ses combats.

On retrouve dans le dernier épisode de la trilogie "Pirates des Caraïbes" les chinois et contrebandes d’armes, ce qui n’est pas sans rappeler les belles histoires de Tom Jarvis et Ted Moran, décrites par Howard Pease. Sao Feng est un pirate des mers du sud chinoises et nous rappelle le légendaire pirate chinois Cheung Po Tsai.
Le temps d’apparition de Sao Feng a été réduit de moitié suite aux censures des autorités chinoises qui considèrent que le capitaine renvoie à une image de diabolisation du chinois.

De même, quand Elisabeth Swann part à la recherche du bout du monde et longe les falaises de glaces, l’image est saisissante et rappelle le passage du canal de Suez. Rudyard Kipling ne disait-il pas "au-delà du canal de Suez, c’est l’inconnu"
Elisabeth Swann, cette femme tiraillée entre ses devoirs de fille du gouverneur et son amour pour Will Turner, un parallèle entre la reine d’Elizabeth Ière (qui régna de 1558 à 1603), tiraillée entre son amour pour le Sir Walter Raleigh et son devoir de reine.
On retrouve dans le dernier épisode de la trilogie "Pirates des Caraïbes" un clin d’œil à R.L. Stevenson et "l’île au trésor". Souvenez-vous, la carte pour retrouver le trésor du capitaine Flint est dessinée sur une peau qui est une peau de crâne. Dans "pirates des Caraïbes", c’est l’œil en bois d’un compagnon du Black Pearl qui est la marque de l’appartenance de Jack Sparrow à la confrérie qui va juger, sur Tortuga.

Le Black Pearl justement, un nom donné par analogie au bâtiment de guerre du lieutenant Meynard, mandaté par le gouverneur pour capturer Barbe Noire; à moins qque ce soit pour s’apparenter au nom de la goelette Pearl, prétendue coulée à la fin du 19ème siècle par le Kraken.

On retrouve le Kraken au cinéma, avec plus de réalisme et de frissons que dans le 2ème épisode de la trilogie "Pirates des Caraïbes". Il s’agit du Kraken du film : "20 000 lieues sous les mers" de Richard Fleisher avec James Mason et Kirk Douglas. Remarquez  dans ce film, le combat le calamar géant avec le Pearl. Le kraken est une créature fantastique issue des légendes scandinaves médiévales. Il s’agit d’un monstre de très grande taille et doté de nombreux tentacules. Dans ses rencontres avec l’homme, il est réputé capable de se saisir de la coque d’un navire pour le faire chavirer, faisant ainsi couler ses marins, qui sont parfois dévorés. Pline l’Ancien, narre également dans son écrit "l’histoire naturelle" cas d’un monstre marin à tentacules attaquant des réserves de poissons en saumure. La description correspond tout à fait à celle du kraken.
Il est très probable que ces légendes sont des histoires vraies exagérées, et que le kraken soit en réalité un calamar géant

Le vaisseau fantôme "le hollandais volant" est un pastiche du fait suivant :
Au XVIIème siècle, au large du Cap de Bonne Espérance, le capitaine Van der Decken (un hollandais) subissait la plus forte tempête que sa carrière de marin n’ait jamais vue. Hurlant et injuriant Dieu car le bateau était sur le point de sombrer, il fut maudit à jamais ; condamné à errer sur les flots et dans les limbes, n’étant ni mort ni vivant. Il sera « délivré » par l’amour de sa femme qui acceptera de mourir pour sauver son âme.

Dans Pirate des Caraïbes, c’est Davy Jones qui "joue" le rôle du capitaine Van der Decken, Davy Jones étant aussi le nom employé dans l’expression anglophone "to be sent to Davy Jones’ Locker", désignant le fait d’être mort en mer et faisant référence à un personnage pouvant être, selon les origines, un marin particulièrement incompétent, un patron de taverne qui kidnappait les marins ou encore le diable lui-même. Le nom de Davy Jones est cité par R.L. Stevenson dans "l’île au trésor" et par Melville dans "Moby Dick" Certains soutiennent aussi que son nom pourrait être une déformation de "Devil Jonah", considéré dans la bible comme un mauvais marin et qui serait le patron des mauvais marins.

La femme qui accepta de mourir pour sauver l’âme de Davy Jones, c’est Tia Dalma, qui représente la nymphe Calypso. Calypso est la nymphe de l’Odyssée d’Homère qui avait retenu Ulysse prisonnier sur son île. Calypso a été enfermée dans le corps de Tia Dalma, par la confrérie mais cette femme existait vraiment… La légende soutient qu’elle est née dans une "forêt" dans les actuelles Antilles au 5ème siècle et a disparu mystérieusement au 16ème siècle. Elle est présente dans 2 des 3 épisodes de la trilogie. Elle est une femme tumultueuse, mystérieuse, étrange et parfois même effrayante. Prophétesse, elle mêle charme et macabre dans un comportement à la fois séducteur et mystique. Parfois froide, elle sait également être douce. Il est difficile de savoir quels intérêts elle sert, mais elle aspire à retrouver son statut de déesse et de châtier les coupables, car sa cruauté est, comme elle le dit, "sans limite".

Et le bateau qui vole, c’est bien sur celui de Peter Pan, le chef d’œuvre de Walt Disney. L’explication de ce phénomène (apparition d’un bateau flottant au-dessus des eaux), est liée à un mirage. Mais est-ce un mirage que contemple ébahi le père de Wendy ?
Regardez le film de Walt Disney, sorti en 1953, et lisez le texte source, écrit par Sir James Barrie en 1904, sous forme de pièce de théâtre "Peter Pan – The Boy who wouldn’t grow up" (Peter Pan, l’enfant qui ne voulait pas grandir) , pièce de théâtre sollicité par son public et relatant en grande partie les sketches de la nouvelle qu’il avait écrite en 1902 "The Little White Bird" (le petit oiseau blanc).

Qui peut soutenir que l’homme est capable de nous faire rêver , sans ses racines?

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3 réponses

  1. Ottopil dit :

    La tempête vécue par le capitaine Van der Decken est peut-être celle décrite par Joseph Conrad dans « Typhon ».
    Qui sait?
    Ces légendes et terribles aventures ont des racines et des croyances identiques, jouées et racontées selon les us et coutumes des différents pays et peuplades

  2. Ottopil dit :

    Et je suis sûr que dans le chef d’oeuvre de Walt Disney « Marry Poppins », il y a un clin d’oeil dissimulé.

  3. Ottopil dit :

    Je vous conseille, dans cet esprit de piraterie, le livre « Le Pirate » du capitaine Marryatt
    Du capitaine Marryatt, vous pouvez télécharger en pdf le merveilleux livre « le vaisseau fantôme », par le lien ci-dessous :

    http://www.riapress.com/riapress/author.lasso?goto=6

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