Pont de bois

Est-ce que vous reconnaissez ce pont ? Non bien sûr, car il y a longtemps qu’il a disparu.
Pourtant vous savez bien qu’il s’agit du pont Dam’Gilles, celui qui enjambe le Grand-Morin pour relier Crécy à Voulangis. Bien sûr ce n’est pas le pont d’aujourd’hui, reconstruit après-guerre.

Ce n’est pas non plus le pont popularisé par les cartes postales anciennes, du début du XXème siècle et dont la structure métallique était si caractéristique.

D’ailleurs, cette photographie, très ancienne, n’est pas tirée d’une carte postale. Cette une photographie authentique, du pont d’avant le pont d’aujourd’hui. Un pont de bois, démonté en 1898.Le cliché réalisé dans les années 1890 s’en était allé quelque part en Angleterre, coincé au milieu d’un vieil album photo.
Et voilà, la photographie, est de retour au pays. Elle a trouvé sa place dans ma modeste collection d’images créçoses qu’un jour peut-être, j’offrirai à la commune, en souvenir de mon passage par ce coin de Brie.

J’en profite pour compléter un article précédent : Le pont Dam’Gilles des cartes postales
Ce pont est tout de bois vêtu. Selon une source érudite, il aurait été édifié en 1838 pour remplacer un pont emporté par une crue, plusieurs dizaines d’années auparavant.C’est un ouvrage de conception simple, pas très esthétique mais sans doute assez fiable sur le plan mécanique. Deux poutres horizontales lancées au-dessus de la rivière, faites d’éléments en bois triangulés supportent le tablier, en bois également. Le pont ne possède aucun élément vouté, la structure travaille uniquement en flexion.

En regardant de près l’ouvrage, nous constatons l’existence d’un système de reprise de charges,  au centre du pont. Des poteaux assemblés en croix de Saint André  consolident l’ensemble de part et d’autre de l’ouvrage.J’avais déjà vu une photo de ce pont de bois dans l’ouvrage de JM André (100 ans de Crécy), mais la photo était prise de l’amont.

Du coup celle présentée ici,  trouve son originalité dans le fait d’avoir été prise depuis l’aval. C est à mon sens "un document historique".

Petite surprise. Un agrandissement du cliché dévoile, au milieu du jardin surplombant la rivière, le visage souriant d’une jeune créçoise … et voici que les miracles d’internet nous permettent de la remettre en lumière  !!!
Emouvant, non ?

(article vu 26 fois)

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2 réponses

  1. jms dit :

    Excellent !
    On peut retracer ainsi l’histoire du pont en images sur un siècle et demi.
    Je me demande ce que ce pont en bois pouvait supporter. A quel poids était-il limité : une charrette avec deux vaches ? voire plus ? Deux convois pouvaient-ils se croiser ?

    • jna dit :

      Extrait de wikipedia a propos des ponts :
      « Les ponts à poutres désignent tous les ponts dont l’organe porteur est une ou plusieurs poutres droites. Ils n’exercent qu’une réaction verticale sur leurs appuis intermédiaires ou d’extrémités et les efforts engendrés dans la structure sont principalement des efforts de flexion. Deux critères permettent de différencier les poutres : la forme ou le matériau, le croisement des deux permettant de déterminer un grand nombre de poutres. Il existe quatre formes de poutres : les poutres à âmes pleines, les poutres caissons, les poutres treillis et les poutres bow-strings. »

      Voila, je pense que l’on peut qualifier ce pont de « pont en bois, à poutres triangulées »
      Difficile de se rendre compte de la nature du tablier sans doute constitué de planches de bois. Je pense que ce pont présentait des performances mécaniques suffisantes pour laisser traverser tout le trafic imaginable à l’époque.

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