Rencontres du pays créçois – le logement durable

Les 5ème rencontres du pays créçois ont eu lieu le vendredi 14 septembre 2007 à partir de 13h30 à la salle Altmann de Crécy-la-Chapelle.
Nous avons déjà relaté la première partie consacrée au SDRIF.

La deuxième partie de cette journée aborda le thème du logement durable en pays créçois.

En préambule et un peu en justification de cet exposé, rappelons qu’au premier janvier 2008, la compétence du logement social est transférée à la communauté de communes.Même si nous ne rentrons pas dans l’obligation des 20% minimum (loi SRU – cas des grandes villes), des besoins existent en pays créçois. Des objectifs ont été fixés : 5% de logements sociaux (au lieu des 1,5% actuels). Comment créer cet habitat à moindre coût et en respectant le caractère rural et briard de nos villages ?

L’architecture urbaine est un sujet qui a été largement étudié et décliné sous maintes formes.
Par contre, peu de monde s’est intéressé au logement en milieu péri-urbain et rural, qui plus est s’agissant de logements sociaux.
Pourtant des exemples de réalisations réussies existent et il est des architectes et des promoteurs qui se sont intéréssés à ce sujet passionnant.

Dominique Bonini (architecte)
Au travers d’exemples et de nombreuses photographies il nous a présenté ce qu’on peut réaliser comme nouvelles constructions dans nos villages en s’intégrant dans l’habitat existant traditionnel.
Il qualifia l’objectif de cette présentation comme "remarquer le remarquable dans les constructions actuelles et en témoigner"
Les exemples de constructions étaient divers :
– aux abords des bourgs
– au centre des bourgs
– ancienne ferme
– positionnement intégré dans les villages anciens
– maisons de ville,
– mixité : habitat social ou non, collectif ou individuel
En insistant sur les efforts sur les prix, la qualité, l’harmonie y compris en secteurs monuments historiques.

Le concept HQE (Haute Qualité Environnementale), quelques principes :
– concertation nécessaire
– nombreux acteurs
– objectifs à atteindre
– soucis de l’exposition, agencement, …

Les enjeux : dans un contexte environnemental intégrer maisons sur catalogue et habitat varié y compris logements sociaux et espaces publics.

Olivier Bary SA HLM indépendante seine-et-marnaise
Prestataire de service logement pour les collectivités locales: 120 salariés, 6000 logements
Lui-aussi nous présente des exemples de réalisations d’habitat de type HLM en milieu rural :
– habitat pour seniors, jeunes, …
– développement durable : eco-construction
– individuel ou collectif, toujours de petites unités (quelques logements)
financement : 25% subventions, 75% par prêts
70% de la population française est elligible au logement social (ex: 3800 euros mensuel de plafond pour une famille de 4 personnes)

Philippe Gonnu promoteur
Il nous présente les tendances de la demande vers un habitat type pays créçois ; ce que recherche les personnes qui font construire chez nous :
– sécurité
– tranquilité
– ambiance
et aussi :
– modularité , flexibilité des logements
– espaces pratiques : celliers, abri de jardin,…
– authenticité
– complicité avec un lieu
– les projets sont multi-formats.
La superficie n’est pas un critère d’entrée mais la résultante d’un projet.
La rareté et la charté du foncier est l’un des défis du SDRIF qui prone 60000 logements
Il s’agit de proposer une mixité du logement et une mixité au sein d’un programme avec comme critères :
– développement durable
– habitat évolutif

Quelques interventions :
– de Mme le Maire d’Esbly ;
Sa ville possède un HLM de 111 logements dont 14 attribués à la commune seulement.
Dans ce contexte il est difficile de loger les personnes de la commune car la plupart des locataires sont imposés par le gestionnaire ; d’où la réticence des élus à faire du logement social.

– de M Jarlot, conseiller municipal à Voulangis : Dans le cas du pays créçois, si l’état attribue 30% de subventions il aura donc 30% de droits d’attributions. Mais que restera-t-il à chacune des communes de la CC ?

Charte qualité village

Sylvie Boulley-Duparc, architecte et Laure Piedeloup, infographiste nous présentent cette petite merveille documentaire qu’est la charte qualité village.
Sous forme d’un livret et surtour d’un DVD interactif, c’est une présentation du patrimoine architectural, paysager, culturel et historique du pays créçois. Pour chaque village, l’historique, de nombreuses vues aériennes, des cartes, et des photos illustrant l’architecture locale.
C’est aussi un véritable guide pour appliquer les bonnes pratiques en termes de construction, traditionnelle ou moderne, ou de rénovation : formes, enduits, couleurs, portes et fenêtres, couvertures et lucarnes, annexes, clôtures.
Un petit livret illustré montre comment rénover les lavoirs et les passerelles de Crécy-La-Chapelle.


(images extraites de la Charte Qualité Village)


Point de vue

Les exposés étaient intéressants malgré par moment des considérations commerciales ; on voit que les intervenants sont habitués à vendre leur produit, là en l’occurence c’est pas ce qu’on leur demandait.

On a appris que la densification de nos villages, densification voulue par le futur SDRIF, est réalisable avec, assez souvent une bonne intégration dans le traditionnel et tout en innovant.
Et même s’agissant de logements sociaux, on arrive à réaliser un habitat original, diversifié, de qualité en milieu villageois. A propos de logement social, j’ai été très étonné d’apprendre que 70% de la population y était élligible, presque tout le monde. C’est sûrement l’explication des problèmes de manque de logements sociaux en autres.

La charte qualité village mérite que l’on s’y attarde. C’est le résultat d’un travail considérable et de grande qualité. Le DVD a été donné à chacun des participants, vos élus pour la plupart. Si vous avez un projet de construction ou de réhabilitation ou si vous vous intéressez à l’habitat local, tout simplement, je vous invite vivement à leur demander. Cet outil mérite d’être diffusé.

 
(Coulommes – vue aérienne extraite de la Charte Qualité Village)

Annexe : Présentation de la charte

(article vu 51 fois)

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6 réponses

  1. retraitactif dit :

    Comme souvent JMS nous fait un compte rendu informatif et détaillé de la réunion.
    je constate que depuis un certain temps et en particulier depuis que ce projet de SDRIF a été rendu public,les gens commencent à s’intéresser à leur devenir.
    Concernant le logement lui même la gageure est de faire un contenenant cadrant le mieux possible au style de la région et un contenu qui soit moderne et fonctionnel.
    Il est difficile de mixer le logement social avec le logement non social quand je dis mixer c’est par exemple quand les logements sont dans un même immeuble car le souci des charges n’est pas le même pour un propriétaire et un locataire.

  2. jna dit :

    Concernant la charte : au delà de la qualité de réalisation des supports qui n’est pas contestable (les esprits chagrins diront encore « au moins on sait à quoi servent nos impôts »), je ne comprends pas trop l’objectif visé : s’il s’agit seulement de fournir des conseils de restauration pourquoi appeler cela une charte ?
    une charte sous-entend un engagement à la respecter : donc celle-ci s’impose-t-elle à tous ceux qui entreprennent des travaux de restauration sur le l’existant ?
    S’engager à respecter les termes de la charte permet-t-il d’obtenir une subvention, un avantage fiscal ?

    • jms dit :

      J’ai rajouté en fin d’article le texte présentant la charte par le président de la communauté de communes.
      Ce n’est pas un diktat mais avant plutot un recueil d’idées et une base de connaissances locale.
      Il s’agit avant tout d’établir de bonnes pratiques, et d’abord par les élus au niveau des règles locales d’urbanisme mais cela concerne aussi tous ceux qui souhaitent construire ou rénover.

      Subventions ? l’idée est à proposer si la CC avait assez d’argent bien sûr. Je sais que cela se pratique ailleurs dans le cadre de l’amélioration de l’habitat rural.

  3. pg dit :

    La présentation, au demeurant bien faite (notamment pour les absents), peut toutefois entrainer une confusion entre les deux sujets :
    – la charte qualité village
    – la compétence logement social transféré à la CCPC.
    Le premier est une étude qui s’adresse à ceux qui souhaitent améliorer l’habitat tout en conservant les valeurs qui sont celles du pays briard. Au-delà du diagnostic sont présentés des conseils et préconisations que les intervenants, constructeurs, propriétaires, communes, peuvent adopter sans obligation.
    Le second est une décision des 15 communes pour que l’intercommunalité intervienne dans le développement du logement aidé. L’objectif est de se substituer aux communes pour la partie investissement – réalisation des logements – et pour la partie fonctionnement – gestion des logements, entretien courant -.
    Mutualisé cette gestion permet à une seule structure de s’occuper de petites quantités de logements répartis sur le territoire alors qu’individuellement certaines communes ne pourraient pas. Idem pour l’investissement et le suivi de la construction.
    Or, le besoin de loger jeunes et moins jeunes ayant de faibles ressources est devenu un problème essentiel par chez nous. Un studio à 500 €/mois quand on atteint péniblement le millier en salaire net n’est pas accessible pour beaucoup.
    Et ce besoin existe bien sûr aussi dans les communes de quelques centaines d’habitants.
    Si individuellement des communes comme Vaucourtois, Sancy ou Tigeaux ne peuvent se lancer dans une opération de création de logements aidés, même pour 2 ou 3 unités, la CCPC est en mesure de le faire. Et une gestion par la CCPC et la commune d’assise des placements permettra d’offrir une solution aux postulants du secteur.
    Et pour malgré tout garder la cohérence du sujet de base, rien n’empêche de faire du logement social en respectant la charte qualité village.

    • jms dit :

      Il ne me semble pas qu’il y ait eu de confusion possible, l’unique sujet était l’habitat durable illustré par des différents exposés.
      Le transfert de la compétence logement à la CC fut un peu la justification de ces exposés.
      Il n’en est pas moins vrai qu’il s’agit d’un vrai sujet qui n’est pas sans poser des questions. Notamment sur les lieux de réalisations de ces logements et sur les conditions d’attribution et d’une manière générale sur les choix d’urbanisation, et là, on rejoint la discussion à propos du SDRIF.

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