Trouvez la 22

Commençons le week-end par une devinette.
Nous les croisons presque tous les jours sur notre chemin. Mais qui les remarque.
Elles sont implantées tous les deux kilomètres. Il doit en rester 5 ou 6 en Pays Créçois.
Qui sont-elles ?

la suite et la réponse à la devinette… pour ceux qui n’auraient pas vu la photo ! Il s’agit des bornes royales, fièrement dressées le long de la RN 34.
Certaines portent encore une fleur de lys, en médaillon, placée juste sous l’énorme numéro gravé près du sommet. Ces bornes sont là depuis le XVIII siècle, au détail près qu’elles ont souvent été déplacées et replantées à l’occasion de l’élargissement des chaussées. Elles sont toutes installées du côté gauche de la route quand on regarde en direction de la province! L’intervalle séparant deux de ces monuments est d’une demi lieue ou 1000 toises (soit encore 2 Km). Chaque borne porte ainsi un numéro qui n’est autre qu’un indicateur de distance. Il renseigne le cocher sur la distance, exprimée en milliers de toises, séparant l’attelage de PARIS (Point de départ situé au niveau de Notre Dame ?).

Sachant que nous sommes à une quarantaine de kilomètres de la capitale; via la RN 34, rien d’étonnant donc, à ce que NOS bornes portent des numéros compris entre 19 et 25
Ainsi la borne N° 22 est-elle située une distance de 22 x 1000 toises = 22 000 toises = 44 Km de Paris.

Correctif : si l’on ramène des 1000 toises à 1950 m comme nous le suugère jms nous arrivons donc à 22×1950 = 42,9 KM

Les fleurs de lys qui les ornaient, témoignages de l’ancien régime, ont parfois été victimes de la ferveur des révolutionnaires briards qui les ont alors effacées ! Certaines ont néanmoins échappé à cette défloraison comme notre 22, présentée sur la photo.

La littérature régionale nous apprend qu’il existe d’autres bornes en Seine et Marne, notamment le long de la RN 19. Les plus chanceuses ont été répertoriées à l’inventaire des monuments historiques (je ne sais pas ce qu’il en est des nôtres).
En 1976, les célèbres frères Schlumpf ont cherché à acheter une partie des bornes de la RN19 auprès des Ponts & Chaussées de Seine et Marne. Ils voulaient les utiliser pour orner l’entrée de leur musée de l’automobile à Mulhouse. Il a fallu l’intervention de RC Plancke , un dur à cuire, pour émouvoir l’opinion et faire renoncer les autorités départementales à conclure ce négoce sacrilège !

Revenons à nos bornes. La « 22 » de la photo est très bien conservée. Elle est plantée au milieu d’un dépôt d’ordures, dénoncé ici même par RetraitActif, il ya quelques mois (je ne suis pas en train de faire allusion à la zone industrielle de Couilly mais … à bien y réfléchir …).
Je pense donc que vous avez suffisamment d’indices pour la retrouver au milieu des papiers gras et des sacs poubelles. Ce sera le premier exercice du week end.

La mission que je vous propose, si vous l’acceptez, est vous lancer à la recherche des autres bornes rescapées et toujours implantées le long de RN 34 …
N’hésitez pas à nous parler du fruit de vos recherches dans les commentaires.

jms nous a transmis cette photo extraite de l’ouvrage de Yves Richard "Crécy et ses villages" / Cliquez sur la photo pour l’agrandir.

 

(article vu 8 fois)

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26 réponses

  1. jms dit :

    Petit rectificatif : 1000 toises = 1949 m et non 2000 m. Mais c’est qu’il nous ferait tromper pour trouver la borne suivante !
    La borne 22 est effectivement située à 300 m de la A4. Elle mesure 115 cm de haut et 41 cm de large. Reste plus qu’à aller vérifier sur place et à trouver les suivantes.

  2. Jean-Michel Sagnes dit :

    Il me semble qu’il y en a une en face de la piscine mais je ne sais pas quel est son numéro.

  3. jms dit :

    La route « royale 34 » dont il est question fut construite, pour ce qui est du tronçon Pont-aux-dames à La Chapelle, entre 1756 et 1760. Cette nouvelle route vers l’Allemagne permit de gagner 12 lieues par rapport à l’ancienne route qui suivait les méandres de la Marne (la RN3 actuelle).

    Selon Yves Richard (Crecy et ses villages), les bornes 21 et 25 dont les fleurs de Lys ont été effacées sont nécessairement intactes car abimées lors de la révolution. Pour les autres qui ont conservé en l’état leur fleur de lys, il ne se prononce pas : restaurées après ou épargnées ?

  4. Jean-Michel Sagnes dit :

    la borne 20 est en bas de la descente de Montry

  5. Jean-Michel Sagnes dit :

    il y aurait donc une borne 25 dans la cote de la chapelle. quelqu’un l’a vue ?

  6. jms dit :

    Je suis passé deux fois pas Montry pour voir la 20 sans la voir.
    Selon Yves Richard elle devrait se trouver en bas de la côte de Montry. Elle est beaucoup plus basse que les autres. J’ai la photo sous les yeux avec les dimensions. Si l’on respecte l’équidistance des bornes, en supposant que le tracé de la route n’ait pas trop bougé, elle devrait être au niveau du cimetière, or je n’ai pas su la voir. Il y a bien une vierge dans le coin monté sur un piedestale, serai-elle cachée derrière ? Le mystère demeure et mérite que l’on aille voir de plus près.

  7. Jean-Michel Sagnes dit :

    Je vais être un peu « dur »:heureusement que les bornes royales existent pour animer ce site,n’y a t-il pas de sujets plus d’actualité?

    • jms dit :

      Il y en a un qui est d’actualité et qui attend vos réactions sur le forum ou dans l’article précédent, ce sont les élections régionales et ce qu’on peut l’en attendre. Je crois qu’il y a matière à discussion sans rentrer aucunement dans des considérations politiciennes ou électorales.

    • jna dit :

      Et en plus, … il a raison le bougre, mais si quelqu’un a un peu de temps pour nous renseigner sur ce qui se passe dans la Région, nous sommes preneurs !
      Jetez quand même un oeil dans les forums de temps en temps.
      Bise.

      • Jean-Michel Sagnes dit :

        justement et sachez que je vais sur ce site plusieurs fois par jour, sur le forum il n’y a pas grand’chose non plus;alors je vais vous proposer quelques sujets(je précise que j’habite Crécy).
        La circulation en ville(stationnement ;espace pietonnier etc)
        L’embellissement de la place du marché;
        La zone industrielle de Couilly
        Ces sujets ont été plus ou moins abordés mais méritent à mon avis un peu plus de réactions;
        Une question que je me pose »nos élus vont-ils sur ce site »?
        En ce qui concerne les promesses des prétendants c’est de la pure démagogie;en effet qui pourrait être contre leurs propositions.
        Lisez bien les professions de foi et vous verrez .

    • jms dit :

      Oui mais tout de même … les bornes royales c’est important car révélateur d’un certain patrimoine qui fait la richesse de notre terroir, terroir qu’il faut faire connaitre et aimer; citons en vrac d’autres thèmes qui mériteraient le détour :
      – les brassets, passerelles et lavoirs de crecy
      – les peintres de la vallée du grand morin
      – les moulins sur le morin; il y en a bien un tout les 2 km (tiens eux-aussi)
      – nos petits vergers perdus dans la campagne
      – les routes bordées de poiriers
      – les cours communes de nos villages
      – les corps de ferme
      – les vierges du XIV siècle.

      Le sujet n’est pas prêt d’être éclusé.

  8. jms dit :

    Je l’ai vu ! Elle est devant le restaurant en effet.
    Par contre, elle devrait être 100 mètres plus loin si l’on tient compte de la distance par rapport à la 21. J’en déduis donc que le tracé de la route a été raccourci au niveau de St Germain

  9. jna dit :

    Il y a maintenant enligne, une photo des autres bornes.
    Au fait qui est Yves Richard et où trouve-t-on son ouvrage ?

    • jms dit :

      Yves Richard est un ophtalmologiste briard qui s’est particulièrement intéressé au canton de Crecy.
      Son ouvrage « Crecy et ses vilages » est publié aux éditions « Presses du village » de Christian de Bartillat. Ce dernier, peu connu du grand public est pourtant un briard émérite. Il a dirigé pendant des décennies de grandes maisons d’éditions comme le seuil ou les presses de la cité, il a fréquenté lors de sa grande carrière tous les grands de ce monde. A côté de cette vie publique, il a créé le pendant des presses de la cité en ce qu’il a appelé les « presses du village ». En effet il habitât (et habite toujours me semble-t-il) le village d’Etrepilly dont il fut maire très longtemps et c’est dans ce village que se trouve cette maison d’édition et la librairie où l’on peut acheter ses ouvrages (c’est l’unique commerce du village avec l’épicierie !). Le thème des « presses du village » ce sont quantités d’ouvrage sur la seine-et-marne et son histoire, de vrais trésors en perspective !

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